Musique par téléphone et droit d'auteurs
(article en cours de préparation)
Dès début septembre 1881, se pose le problème de la rémunération des auteurs dont les oeuvres sont utilisées dans les auditions téléphoniques. Si l'on en croit le rectificatif que le journaliste Achille Denis apporte le 10 septembre à son article de veille, la question semble avoir été plus posée par la Société des auteurs que par la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques. La question ne sera cependant réglée que bien plus tard. Un accord sera conclu en 1893 entre la SACD et la Société du Théâtrophone :
-
3 % des recettes brutes la première année ;
-
3,5 % la deuxième ;
-
4 % la troisième.
Il serait également intéressant de déterminer si les interprès (chanteurs et musiciens de l'Opéra de Paris, acteurs du Théâtre-Français ont été rémunérés). Les auditions téléphoniques de 1881 font apparaître, avant leur consécration juridique, une situation qui relève matériellement de la problématique de ce que nous appelons (depuis la Convention de Berne de 1961) les droits voisins, qui implique la rémunération l'exploitation secondaire d'une prestation artistique indépendamment de la présence physique de l'interprète.
Il faudeait donc rechercher si les artistes :
-
avaient donné individuellement leur autorisation;
-
étaient couverts par les contrats de leurs théâtres;
-
étaient rémunérés pour ces auditions ;
-
avaient protesté contre leur retransmission ;
-
ou, au contraire, considéraient simplement celle-ci comme faisant partie de leur prestation théâtrale.
Le Ménestrel, journal des professionnels de la musique écrit le 11 septembre 1811 que ni M. Vaucorbeil (le directeur de l'Opéra), ni M. Carvalho (le directeur de l'Opéra-Comique) "n'ont pas eu l'idée de rançonner l'exposition d'électricité au sujet de ces récréations physico-lyriques. Cette exposition amène beaucoup d'étrangers à Paris, et les théâtres s'emplissent chaque soir. L'intérêt de nos administrations théâtrales est donc d'assister M. Berger (le directeur de l'Exposition) dans ses essais téléphoniques et autres".


SCAPIN, in La Lanterne, 8 septembre 1881
L'Estafette, 7 septembre 1881


Vert vert, 9 septembre 1881

L'Entracte, 10 septembre 1881

La Justice, 11 septembre 1881

Extrait du rapport d'Armand d'Artois (Société des auteurs et compositeurs dramatiques pour l'anne 1892/1893) reproduit in Le droit d'auteur, 15 février 1894.
