La deuxième transmission téléphonique d'un opéra en Europe : Bellinzona, 19 juin 1878
Il est souvent écrit que la première transmission téléphonique d'un concert ou d'un opéta en Europe est celle organisée le 19 juin 1878 à Bellinzona (Suisse). Il s'agit plutôt de la deuxième, car la transmission organisée à Lille le 8 mars 1878 par Pierre Giffard et Victor De Bar est longtemps restée oubliée.
Un ingénieur de la société suisse des télégraphes, Michele Patocchi (1837-1897), a eu l'idée de tester les effets combinés du microphone à charbon de Hughes comme appareil transmetteur et le téléphone de Bell comme appareil récepteur. Un microphone a été installé dans une loge de premier rang du Teatro sociale et a permis la transmission de l'integralité du Don Pasquale de Donizetti jusqu'à la salle de billard. Les résultats ont été très satisfaisants. Th. du Moncel cite une description détaillée de cette expérience donnée par le Journal télégraphique de Berne dans le chapitre consacré au microphone Hughes de son livre Le téléphone, le microphone, et la phonographe (1880).



Le Teatro sociale de Bellinzona où Michele Patocchi a réalisé une transmission téléphonique du Don Pasquale de Donizetti le 19 juin 1878. Source : "Una storia iniziata nel 1847", Site du Teatro sociale, consulté le 14 octobre 2025
D'autres exemples de transmissions musicales en Suisse (1880)
D'autres exemples de transmissions musicales en Suisse sont relevés par la presse :
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Le Neue Zürcher Zeitung (22 juin 1880) et le Tagblatt der Stadt Biel (24 juin 1880) rapportent cette nouvelle en provenance de Berne :
« Depuis quelque temps, nous disposons de deux véritables bureaux de téléphone officiels à proximité, à Köniz et Wabern, reliés au bureau télégraphique de Berne. Tous les appels vers ces villes se font par téléphone. La liaison avec Köniz, en particulier, est excellente ; on entend les paroles très clairement et distinctement. De plus, les habitants de Köniz ont même offert aux télégraphistes bernois le plaisir d’un concerto pour violon® par téléphone : «Han an nem Ort es Blüemli gseh » et des mélodies similaires, beaucoup plus douces et délicates, ont été chantées au téléphone, comme c’était le cas dans la salle de concert voisine. »
Dans une lettre au Journal télégraphique, publiée le 25 août 1878, également publiée par le magazine londonien The Electrician, le 21 septembre 1878, Michele Patocchi avait déjà donné des indications techniques sur son système, inspitée par un texte publié par un professeur de Bologne dans un journal milanais.




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"Une curieuse expérience micro-téléphonique" Le journal télégraphique, Berne, 25 juillet 1878 (reproduit in Du Moncel, 1878, pp. 192-193) et traduit en anglais dans The Japan Weekly Mail, 28 September 1878
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PATOCCHI M., 'Nouvelle disposition de téléphone récepteur", Journal télégraphique, Berne, 25 août 1878 ; également "New Arrangement of Receiving Telephone", The Electrician, 21 September 1878, pp. 213-214
Je remercie Jasmine Goll d'avoir attiré mon attention sur ce concert peu connu.
André Lange, 6 août 2026, révision 21 août 2026
