top of page
La téléphonie musicale de Jean-François Sudre (1828)

La téléphonie musicale proposée en 1828 par François Sudre, professeur de musique et compositeur, n'est pas à proprement parler un système de transmission des sons. Il est, à l'inverse, un système de transmission de mots, en particuliers de consignes militaires, par recours à des instruments de musique. Le système est proposé comme une alternative au porte-voix, considéré comme inefficace dans la transmission des consonnes. L'instrument le plus dapté est le clairon, que développa le facteur d'instruments Antoine Courtois père, à la demande de Sudre. Le système reposait sur un vocabulaire restreint en utilisant uniquement les quatre notes sol-do-mi-sol, mais suffisamment important pour pouvoir transcrire des phrases personnelles autres que des situations figées.

Présenté à l'Académie des Sciences en janvier 1828, testé positivement par l'Armée française sur le Champ de Mars l'année suivante. Mais ne recevat plus de réponse, Sudre s'adressa au Ministère de la Marine. Un nouvel instrument, plus puissant pour permettre la communication entre navire, fut conçu, baptisé le téléphone et aujourd'hui appelé corne de brume.  Le système n'a jamais été vraiment mis en pratique. 

Sudre perfectionna son système pour utiliser les sept notes de la gamme, qu'il imaginait utilsable pour une langue universelle, la téléphonie. Le système, approuvé par l'Académie, changea de nom pour devenir le solrésol. Sudre s'activa beaucoup pour la promotion de son système en Europe, mais son adoption ne resta jamais que ponctuelle, comme ce fut le cas en 1844 à Metz pour l'organisation de manoeuvres militaires.

Selon le musicologue Gilbert Rose, le système de Sudre a été soutenu par Hugo et Lamartine, présenté à Napoléon III et était connu de Wagner.

En définitive, le système de Sudre a surtout contribué à réactiver en français le mot téléphone, qui était apparu pour la première fois en 1809 dans la traduction du Traité d'acoustique de Chladni. Les articles consacré au système de Sudre dans la presse britannique (The Mechanics' Magazine, 4 July 1835Morning Advertiser, 9 July 1835;  Morning Chronicle 23 July 1835) introduisent le terme dans la langue anglaise. 

Sudre portrait_edited.jpg

François Sudre (1787-1862)

Champ de Mars_edited.jpg

Source : Figuier, 1870

Bibliographie :

  • "Langue musicale", Le Ménestrel, 24 mai 1834

  • "Sudre Jean-François", in FETIS F.J., Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique. T. 8, Sebastiani-Zyka, Firmin Didot, 1866, pp.465-466

"Langue musicale", Le Ménestrel, 24 mai 1834

Cet article cinclut ce qui est probablement la première occurence du mot téléphone dans la presse française. 

1834-05-25_Le_Ménestrel_page-0001_edited.jpg
bottom of page