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Jean-Joseph-Etienne Lenoir (1822-1900), inventeur wallon

Un inventeur prolifique mais à l'oeuvre exagérée par la plupart de ses biographes

Jean-Joseph-Etienne Lenoir est né citoyen luxembourgeois à Mussy-la-Ville, un village gaumais dans la Province du Luxembourg belge. Il acquiert la nationalité belge en 1839 et deviendra citoyen français en 1870, en raison des services rendu durant le Siège de Paris.

Lenoir est considéré en Belgique et au Grand-Duché de Luxembourg comme une gloire nationale. En pratique, il a passé l'essentiel de sa carrière en France. Autodidacte, Lenoir s'installe à Paris à l'âge de seize ans. Il se spécialise dans la galvanoplastie, domaine dans lequel il obtient son premier brevet en 1854. Il obtient divers brevets relatifs à la signalétique des chemins de fer (domaine dans lequel travailleront également Thomas A. Edison et Paul Nipkow). Il se fait surtout connaître en 1860 par l'invention d'un "moteur à air dilaté par la combustion des gaz moteur à gaz", considéré comme le premier moteur à combustion. Ce moteur est , qui lui permet de faire un trajet entre le faubourg Saint-Antoine et Joinville-le-Pont.

 

Cette invention lui vaut une première notice biographique dans L'Illustration, le 26 décembre 1863. La plupart des notices biographiques postérieures suivent l'article "Lenoir Etienne" de Jean Pelseener paru dans la Biographie nationale de Belgique en 1964. Or, comme l'a analysé de manière très détaillée sur son site Pierre Weyland, spécialiste de l'histoire des brevets, Pelseener a attribué à Etienne Lenoir diverses inventions d'homonymes.  Après un examen précis, Weyland conclut "Pour rétablir la vérité, il convient de préciser que Lenoir a obtenu 45 brevets différents et qu'il les a perfectionnés en déposant au total 56 certificats d'addition. Certains de ces certificats d'addition peuvent être considérés comme relatifs à des inventions distinctes, d'autres non, puisqu'ils décrivent des modifications mineures apportées à l'invention principale. Plus tard, Lenoir a utilisé les brevets pour documenter et diffuser ses idées, plutôt que pour divulguer des inventions au sens strict du terme".

Lenoir fut actif dans différents domaines d'activités : la chimie, l'électricité, la mécanique. On trouvera sur le site de Pierre Weyland une description systématique de ses différents brevets. 

Nous ne intéresserons ici qu'à deux inventions de Lenoir dans le domaine de la transmission des images : son électrographe (1865-1869) et son système de photo-télégraphie (1877)

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F.M., "M. Lenoir",
L'Illustration, 26 décembre 1863
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Jean-Joseph-Etienne Lenoir (1822-1900)

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"Gas Engine", US Patent 3455961, 1886

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Schéma du  moteur à air dilaté par la combustion des gaz (Brevet  FR34118, 1858) / Source INPI

Éd. COLLIGNON, "Rapport sur l'ensemble des travaux de M. É. Lenoir", Bulletin de la société d’encouragement pour l’industrie nationale, 1887, pages 21-23

"Les travaux de M. Lenoir peuvent être partagés en trois classes: les uns se rapportent à des recherches chimiques; d’autres à l’emploi de l’électricité; d’autres encore, et ce sont les plus importants, à la mécanique propre­ment dite et à la création de nouveaux appareils.
 

Nous nous contenterons de citer, parmi les travaux chimiques de M. Lenoir, sa fabrication de l’émail blanc, qui remonte à 1847, et forme ses débuts dans la carrière d’inventeur; ses procédés de galvanoplastie en ronde bosse, qui datent de 1851; ses recherches sur le tannage des cuirs par l’ozone (1880); sa méthode d’étamage des glaces, qui lui a valu en 1878 le prix Montyon de l’Académie des sciences.

Ses travaux sur l’électricité comprennent un frein électrique pour chemins de fer, imaginé en 1855; un système complet de signaux pour voies ferrées, un moteur électrique, qui date de 1856; enfin, en 1865, un télégraphe autographique, dit électrographe, destiné à transmettre l’écriture à distance. Sauf pour cette dernière invention, pour laquelle M. Lenoir avait été précédé par MM. Bain et Caselli, il paraît être venu trop tôt pour le succès de ses inventions électriques, et semble avoir joué le rôle ingrat de précurseur. Il a produit ses appareils à une époque où l’électricité était encore peu connue, et où l’on osait à peine la faire entrer dans le domaine de la pratique. Beaucoup des idées de M. Lenoir, autrefois qualifiées d’utopies, ont été reprises plus tard et transformées par divers inventeurs, et ont maintenant cours sous d’autres noms.

La partie mécanique de l’œuvre de M. Lenoir est celle dans laquelle il a obtenu les plus grands succès, et qui a le plus contribué à rendre son nom célèbre. Nous y relevons un compteur d’eau (1857), un pétrin mécanique, un propulseur pour la navigation, un régulateur de vitesse, qu’il a présenté récemment à la Société d’encouragement, et qu’il destine à régler la marche des machines dynamo-électriques; enfin et surtout, ses moteurs de petit atelier, universellement connus sous le nom de moteurs Lenoir, dont le premier type a paru en 1859, et qui ont reçu de nouveaux perfection­nements en 1881. Le moteur Lenoir est, comme on sait, un diminutif de la machine à vapeur, disposée de telle sorte qu’elle puisse fonctionner sans chaudière, à l’aide du gaz d’éclairage: le type de ces moteurs constitue un perfectionnement important des anciens modèles dus à Le Bon, et forme comme le point de départ d’où dérivent de nouveaux types plus ou moins transformés, qui lui disputent aujourd’hui la clientèle de la petite industrie.

M. Lenoir a très heureusement complété, en dernier lieu, la série de ses moteurs, en créant une machine à carbure d’hydrogène; dans ce nouveau type, l’alimentation n’emprunte plus rien à une canalisation de gaz d’éclai­rage; la machine fabrique elle-même et sur place le gaz dont elle a besoin. Aussi convient-elle spécialement aux usages agricoles et à toutes les loca­lités éloignées des villes et des centres industriels."

André LAnge, 23 mars 2026

Bibliographie

  • F.M., "M. Lenoir", L'Illustration, 26 décembre 1863

  • PELSENEER, "Lenoir Etienne" in Biographie nationale, Bruxelles, tome 32, supplément tome IV, 1964, pages 355-364 (attribue erronément à Lenoir diverses inventions qui ne sont pas les siennes)

  • MONHONVAL J.-P.,  Étienne Lenoir : Un moteur en héritage, Musée Gaumais (Virton) - Direction générale de la Culture du Ministère de la Communauté française, 1985 (reprend les attributions erronnées de Pelseneer)

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Schéma de l'électrographe de Jean-Jospeh-Etienne Lenoir (1865)

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