Traduction de la description des travaux de Liesegang dans A. Korn et B. Glatzel, Handbuch der Phototelegraphie und Telautographie, 1911, pp.448-450
En 1889, inspiré par des articles de presse évoquant la possibilité de construire un téléviseur, Liesegang¹ formula une proposition que nous résumerons brièvement ici. Pour convertir les différentes tonalités d'une image en courants électriques correspondants, il envisageait d'utiliser les actinomètres décrits par Becquerel et d'autres, et plus précisément le dispositif relativement simple de Gouy et Rigollot, dans lequel une plaque de cuivre oxydée est exposée à la lumière (voir p. 292).
La transmission de chaque point d'image devait s'effectuer simultanément par un grand nombre de lignes de transmission. Ainsi, la plaque émettrice sur laquelle l'image était projetée était composée de sections individuelles isolées, de sorte que, selon l'intensité lumineuse reçue par les éléments, des courants plus ou moins forts circulaient dans les fils de transmission correspondants. Liesegang envisageait la construction de la plaque émettrice, composée de nombreux éléments, de la manière suivante : chaque élément serait formé par l'extrémité oxydée d'un fil de cuivre isolé, servant simultanément de point de départ de la ligne de transmission. Pour réduire le nombre très important de lignes de transmission, les extrémités des éléments photosensibles individuels furent combinées d'une manière spécifique, permettant par exemple de réduire à 2√α le nombre de lignes longue distance nécessaires. La réception électrochimique était prévue pour la station de réception, selon un principe similaire à celui déjà proposé par Senlecq.
Cependant, Liesegang lui-même se rendit rapidement compte de l'impossibilité pratique d'un tel appareil et déposa donc en 1890 un brevet américain pour un appareil de transmission d'images³), dans lequel une seule ligne longue distance était utilisée et les flux d'images étaient amplifiés à la station d'émission.
Le dispositif de transmission de cet appareil, qu'il a décrit à plusieurs reprises sous le nom de « Phototel », est illustré sur la figure 262.
À l'intérieur d'un boîtier étanche à la lumière A, muni d'une petite ouverture C à l'avant, un diaphragme très fin en platine ou en ébonite α est tendu sur cette ouverture et repose contre le contact du microphone. Lorsque le boîtier est déplacé dans la zone d'image à transmettre, des quantités variables de lumière traversent l'ouverture.
Selon son intensité, cela provoque différentes déformations du diaphragme α, ce qui entraîne des variations de pression et donc de résistance au niveau du contact du microphone. Ce contact est connecté en série avec une pile I et un électroaimant d, de sorte que des fluctuations de courant se produisent dans le circuit, ce qui provoque une attraction plus ou moins forte de l'armature de l'électroaimant.
L'armature agit alors sur un levier e et, selon sa position, commute des segments plus ou moins longs d'une colonne de mercure f dans le circuit de transmission proprement dit, alimenté par la pile II.
Mais ce dispositif de Liesegang, comme on le voit aisément, est tout aussi inutilisable que le premier. Le récepteur était à nouveau conçu comme un dispositif électrochimique, plus précisément comme illustré sur la figure 263. La broche C était censée se déplacer de manière synchrone avec le boîtier A de la station d'alimentation sur le papier m préparé chimiquement. Le courant circulant dans les fils k et I décompose alors la couche sensible. Liesegang considérait comme un avantage particulier du fait que le courant ne traverse pas le papier, comme dans d'autres dispositifs, mais circule uniquement à sa surface. Cependant, il est peu probable que cela apporte un avantage significatif.
¹) Liesegang, Zentr. ZS. f. Optik u. Mechanik, 10, p. 268, 1889.
2) E. Liesegang, Beiträge z. Problem d. elektr. Fernsehens, Düsseldorf, LiesegangsVerlag, 1899, vgl. a. Schmierer, D. R. P. 229916, 30. 4. 1910.
3) 1. c. Note A.L. : Aucune trace de ce brevet US n'a pu être identifiée.


