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Constantin-Marie SENLECQ, 
Brevet pour un appareil destiné à transmettre à distance, par l'électricité, la vision, avec le mouvement et l'instantanéité. 

Demandé le 3 janvier 1907, 
Délivré le 22 mai 1907, publié le 20 juillet 1907. FR 375.745

Trente ans après ses premiers travaux, Constantin Senlecq revient sur la question de la vision à distance par l'électricité.

 

Il dépose le 3 janvier 1907 une demande de brevet qui sera publié le 20 juillet. Ce brevet décrit un appareil, que Senlecq inscrit dans le prolongement du téléctroscope "qui a connu ses premiers essais en 1877", est destiné à transmettre à distance et instantanément des images animées par voie électrique. Le système repose sur la conversion de la lumière en courant électrique à l'émission, puis sur l'opération inverse à la réception.

Au poste transmetteur, l'image d'une scène est projetée par un objectif de chambre noire sur un assemblage de trois disques superposés formant l'élément récepteur au sélénium. Cet ensemble comprend deux feuilles ou disques en cuivre très minces prenant en sandwich une feuille intermédiaire en mica isolant. Entraîné à très haute vitesse par un moteur électrique (effectuant un tour complet en moins d'un dixième de seconde), cet assemblage à trois disques est percé de perforations disposées en lignes parallèles concentriques. Les trous traversant le premier disque de cuivre et la feuille de mica sont remplis de sélénium, reliant ainsi électriquement la première feuille métallique à la seconde. Ce matériau photoconducteur, préparé par un recuit très lent afin de lui conférer une structure cristalline ultra-sensible, voit sa résistance varier selon la lumière reçue. En tournant, ces points de sélénium balayent l'image et modulent l'intensité du courant électrique transmis sur la ligne en fonction directe de la luminosité des zones explorées.

Au poste récepteur, un disque métallique ajouré de configuration identique tourne en synchronisme parfait avec l'émetteur, grâce au système de Hughes ou à des réglages mécaniques. Le signal électrique reçu alimente un galvanomètre très sensible, relié par un levier amplificateur à une lamelle en verre graduée. Obtenue par réduction micrographique, cette lamelle présente un dégradé continu allant de l'opacité totale à la transparence complète. Placé devant une puissante source lumineuse, le galvanomètre déplace la lamelle pour faire varier le flux de lumière en temps réel : un courant nul laisse la lamelle opaque, tandis qu'un courant maximal offre une transparence totale.

Les faisceaux lumineux modulés traversent le disque ajouré au point exact correspondant à celui exploré à l'émission. Grâce à la persistance rétinienne de l'œil humain et à l'utilisation de lentilles de projection analogues à celles d'un cinématographe, les points lumineux reconstituent sur un écran distant une image complète, claire et animée. Ce dispositif pose ainsi les principes fondamentaux de la télévision mécanique.

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