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GL, "Neue Fernsehversuche",
Elektrotechnische Zeitschrift, 10. Februar 1910, p. 146
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Nouvelles expériences de télévision.

À Paris, un appareil conçu par E. Ruhmer pour démontrer le principe de la télévision électrique a été présenté récemment. Cet appareil se compose de 20 cellules au sélénium à la station émettrice, chacune reliée à une ampoule ou à un relais qui l'allume et l'éteint. Lorsqu'une cellule au sélénium de l'émetteur est allumée, l'ampoule correspondante du récepteur s'allume également. Avec un tel appareil de démonstration, comme cela a déjà été décrit à plusieurs reprises, seules des figures très simples, telles qu'une croix noire dont l'ombre est projetée sur la surface de la cellule au sélénium de l'émetteur, peuvent être transmises. Un tel appareil ne représente aucun progrès par rapport aux systèmes téléphoto existants, comme le montreront aisément les observations comparatives suivantes. La meilleure méthode téléphotographique à ce jour (Korn), utilisant ses cellules au sélénium compensées, permet de transmettre environ 30 à 40 éléments d'image par seconde de manière séquentielle via une ligne longue distance, ce qui correspond à un temps de transmission de 6 à 12 minutes pour une image de 9 à 12 cm. Cette vitesse de transmission représente simultanément la limite supérieure actuellement atteignable pour la conversion de la lumière en électricité à l'aide de cellules au sélénium. Si l'on souhaite transmettre les 10 000 à 20 000 points nécessaires à la formation d'une image dans les conditions décrites précédemment, non pas en 6 à 12 minutes, mais en environ une demi-seconde (durée de l'impression lumineuse dans l'œil), alors, puisqu'une cellule au sélénium ne peut transmettre que 30 à 40 points par seconde, il faut environ : 500 à 600 cellules au sélénium individuelles, ainsi qu'un nombre équivalent de lignes de transmission et de dispositifs de réception. Le nombre de lignes de transmission pourrait toutefois être réduit en utilisant des courants alternatifs de différentes fréquences, associés à des relais résonants appropriés dans le récepteur. Concernant les cellules au sélénium, la situation est en réalité bien moins favorable, car les téléviseurs ne peuvent être utilisés avec les cellules au sélénium à compensation Korn, relativement rapides, et il faut se contenter de cellules plus lentes et plus simples, ce qui explique la forte augmentation des valeurs indiquées.

Il est donc évident qu'avec les cellules au sélénium actuelles, on ne peut construire que des dispositifs de démonstration très simples, et que l'application du même principe aux téléviseurs aboutit à des appareils impraticables. Par conséquent, les informations parues dans la presse, selon lesquelles un véritable téléviseur serait livré pour l'exposition de Bruxelles pour plusieurs millions d'euros, reposent, à tout le moins, sur une méconnaissance totale de la situation actuelle.

Si, en effet – ce qui semble fort improbable au vu des faits connus à ce jour – des cellules au sélénium à inertie extrêmement faible étaient un jour produites, il serait d'abord possible de produire des images téléobjectifs de meilleure qualité et plus rapidement, et, grâce à l'accélération des transmissions téléphotographiques, on se rapprocherait progressivement de la solution au problème de la télévision électrique. Quoi qu'il en soit, il sera toujours nécessaire d'exiger de tous les inventeurs de téléviseurs, afin de prouver la facilité d'utilisation de leur système, qu'ils résolvent d'abord parfaitement le problème, plus simple, de la téléphotographie avec leurs appareils.

GL

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