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UNE ARCHEOLOGIE DE L'AMPLIFICATION, DE LA REPRODUCTION ET DE LA TRANSMISSION DU SON
 
17. Les spectacles de La Femme invisible

17.b.  La Femme invisible de E.G. Robertson et de Charles Rouÿ
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Etienne Gaspard Robertson

[1] Le Journal de Paris, 24 Germinal, an III, p.1 ; idem, 27 Germinal, an III, p. 2 ; 29 Germinal, an III, p.1 ; 30 Germinal, an III, p.2 ; 10 floréal, an III, p. 1

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(2)  INGANNATO E.J., La femme invisible et son secret dévoilé, Gueffier, Paris, (s.d.), avril 1800. Dans ses Mémoires, Robertson revendique implicitement d'être l'auteur de cette brochure.

 

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INGANNATO E.J., La femme invisible et son secret dévoilé, Gueffier, Paris, (s.d.), avril 1800.

(3) LAURENT, «La femme invisible, point encore découverte», Courrier des spectacles, 30 Germinal, an VIII, p.3-4. Laurent signale que son spectacle s’est déplacé de la rue des Prêtres vers la Place de Thionville, (Place Dauphine) et s’appelle dorénavant La fille invisible. Voir également Le journal de Paris, 1er floréal, an III, p.2 et Journal des débats, 5 floréal, an VIII, pp. 2-3.

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(4) Le Journal de Paris, 24 Germinal, an III, p.1 ; idem, 27 Germinal, an III, p. 2 ; 29 Germinal, an III, p.1 ; 30 Germinal, an III, p.2 ; 10 floréal, an III, p. 1

(5) INGANNATO, op.cit., p. 12

(6) Affiches, Annonces et Avis divers, 20 ventôse an 8 (11 mars 1800), p.2716. Cité in LEVIE, F. op.cit., p.119

(7) Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres, 16 Ventôse An VIII (16 mars 1800)

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(8) "A M. L'Ami des Lois" Ami des lois, du 14 ventôse an VIII (5 mars 1800), Selon Françoise Levie, il s'agit-là d'une description de "La femme invisible" de Robertson, (op.cit., p;120. La date de parution laisse cependant supposer que le dialogue a été communiqué avant la première représentation.

La femme invisible de Robertson

 

A partir du 15 mars 1800, Etienne Gaspard Robertson, qui a été accusé par Laurent d’être à l’origine des dénigrements de sa découverte, va intégrer une Expérience de la femme invisible dans ses spectacles de fantasmagorie, donnés dans la Cour des Capucines. Comme l’a amplement montré Françoise Levie, dans ses Mémoires Robertson a une fâcheuse tendance à escamoter les apports de ses prédécesseurs. Malheureusement, Françoise Levie n’a pas complètement démasqué les ambiguïtés du récit de Robertson sur la Fille invisible. Robertson qualifie le spectacle de la Découverte de l’invisibilité du corps humain «d’expérience d’acoustique de la plus grande simplicité mais présentée de manière ingénieuse ». Mais il écrit aussi « Ce phénomène, quoique offrant alors une nouveauté assez piquante, attira cependant peu de monde, parce qu’il n’était point ménagé avec assez d’art, et que les accessoires n’étaient point de nature à plaire aux gens du monde. (…) »

 

Il oppose à cette première Femme invisible, « celle que je fis établir dans mon cabinet » :

 

« Un globe A de verre ou de tôle vernissée, avec quatre cornets, est suspendu au milieu de la chambre. Ce globe n'est pas nécessaire à l'expérience , il est là pour tromper l'imagination. Autour de ce globe règne une galerie ou barrière B qui est très nécessaire , car elle est creuse ; et c'est par là que la voix de notre invisible est entendue. Un tuyau de fer-blanc passe dans le montant C jusqu'en D , où est une petite fente ou ouverture vis-à-vis du porte-voix. Ce tuyau de fer-blanc passe sous le parquet de la chambre E, et entre dans la chambre voisine, où la prétendue invisible parle et voit tout par le trou de la serrure ou un autre trou fait dans le mur. Voilà à quoi se réduit ce mystère. Si on place quatre lumières vis-à-vis des quatre pavillons des porte-voix, elles sont éteintes par le souffle qui vient par la fente dont j'ai parlé plus haut. »

 

Nombre de commentateurs, y compris Françoise Levie, Laurent Mannoni et Jann Matlock, ont pris ce récit de Robertson pour argent comptant.  Robertson n’écrit pas «celle que j’ai conçue» mais «celle que je fis établir dans mon cabinet». Il écrit aussi, de la femme invisible «du passage Longueville, où elle parut avec honneur, elle s’en fut à Londres(…).» Sans le nommer, Robertson fait ainsi allusion Charles Rouy, qui est de toute évidence l’inventeur du  dispositif décrit dans les Mémoires. Ce dispositif n’est pas celui décrivent les quelques témoignages dont on dispose sur la «Galerie de la femme invisible», y compris dans le prospectus non daté Fantasmagorie de Robertson, dans lequel la « Galerie de la femme invisible » occupe le n°27, et qui mentionnent bien un coffre de verre et non un globe avec quatre porte-voix. (1) 

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Schéma du dispositif de La Femme invisible de Robertson in Paris und London, Bd 9, 1802, p.414

​​​​​​​​En avril paraît une brochure, La femme invisible et son secret dévoilé, signée sous le pseudonyme E.J. Ingannato (2) et qui fournit des explications et une planche sur le dispositif supposé de Laurent, mais qui cadre mal avec les descriptions écrites et l’estampe « La voix invisible ». Elle indique un léger avantage de la femme invisible de la Rue-des Prêtres Saint-Germain l'Auxerrois sur celui du Cloître des Capucines : en  raison de la disposition des lieux de celui-ci, la femme invisible, placée dans une chambre latérale, ne peut voir les objets qu'on lui présente, et a donc moins de possibilité de réagir aux interpellations du public Dans ses Mémoires, le physicien liégeois évoque cette brochure en écrivant qu’on y trouve « l’explication donnée par M. le Professeur Robertson ». De cette allusion et des initiales « E.J. » de l’ingannato (le trompé), on a généralement conclut qu’elle était de Robertson.

 

Le 20 avril 1800, dans un article publié dans le Courrier des spectacles, Laurent clame sa priorité et le caractère toujours mystérieux de sa fille invisible et dénonce l'imitation de Robertson, mais également celles qui paraissent avoir eu lieu dans les Jardins de Paphos (boulevard du Temple) et sur les quais (3). Il déplace son spectacle, désormais appelé La fille invisible,  au 3, rue de Thionville Il laiisse plutôt entendre que la brochure d'Ingannato est l’œuvre d’un quatrième homme, non identifié, qui propose lui aussi un spectacle de Femme invisible dans les salons de Paphos (Boulevard du Temple) et sur les quais. Les spectacles de Femme invisible sur les quais de Paris ne sont pas documentés et leur évocation ici et là laisse perplexe, dans la mesure où le dispositif implique des espaces clos.


Un éphémère spectacle quotidien de Fille invisible est en effet annoncé à Paphos entre le 13 avril et le 30 avril (4)  et la brochure d’Ingannato y fait référence en indiquant qu’"il vient de s’établir à Paphos une invisibilité autour de laquelle on peut tourner, mais dont le stratagème n’a rien de plus surnaturel que celui des autres" (5).

Comme la lettre l'accuse de manière calomnieuse, notamment en affirmant qu'il n'a pas inventé les fantasmagories, Robertson annonce qu'il va lui-même présenter une expérience de l'invisibilité au nombre de ses illusions d'optique et d'acoustique (6) Comme le signale Laurent Mannoni, la pratique du locuteur invisible existait déjà dans les fantasmagories des années 1780 : un comparse se tient  caché dans Ia piece voisine et parle dans un tube creux en fer blanc. Robertson n'est pas le seul a offrir cette illusion acoustique dans Paris. Le spectacle de la femme invisible est intégré au programme des fantasmagories, donné dans la Cour des Capucines, Place Vendôme, à partir du 16 mars 1800 (7)

L'inclusion du spectacle de la fille invisible dans le programme des fantasmagories semble avoir été très improvisé et fortement inspiré du spectacle du concurrent Laurent. Dans ses Mémoires, Robertson laisse entendre que son spectacle était présenté comme une expérience acoustique, "sans charlatanisme" et que c'est n'est que par la suite, quand elle eût "changé de maître", qu'on lui donna le nom imposant de "femme invisible". Trente ans après les faits, Robertson a beau jeu de se dédouaner de la dimension "imposante" (il aurait pu écrire érotique, magique, voire ésotérique) que d'autres après lui (en particulier Charles Rouy) allaient donner à l'"expérience acoustique". Il n'en reste pas moins que mieux que Laurent et avant Charles Rouy, c'est bien lui qui a lancé l'appellation de "Femme invisible".

 

Robertson apporte  des perfectionnements techniques en remplaçant le coffre par un globe de verre doté de quatre pavillons suspendus au milieu de la pièce. 

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Illustration de fantasmagorie extraite des Mémoires de Robertson.

Les  spectacles concurrents de Laurent et de Robertson sont rapidement associés et comparées dans la presse.  Les réparties de la femme invisible de Robertson, en réalité Eulalie, son épouse, semblent avoir été plus spirituelles et sont rapportées par la presse (8)

   - Me voyez-vous ? M'entendez-vous ? Etes-vous vraiment dans ce vase de verre ?

   - Je vous vois, je vous entends, et je suis réellement dans ce vase de verre.

  - Vous devez y souffrir horriblement !

  - Je préfère les douleurs au remords, et puis le plaisir d'être utile à mes parents me dédommage de tout.

   - En vérité, vous êtes un modèle de piété filiale !

  - Pour signaler cette piété, il ne faut ni science, ni talent. Il ne faut qu'un coeur tendre et sensible.

   - La douleur de votre voix annonce la jeunesse et la beauté.

  - La beauté sans vertu est une fleur sans parfum.

  - Employez-vous quelques moyens surnaturels pour vous rendre invisible ?

  - J'aime mieux garder le silence que de trahir mes parents ou la vérité.

  - Cette invisibilité n'est donc qu'un pur charlatanisme ?

  - Citoyen, avant de vous moquer du boiteux, regardez si vous marchez droit...

  - La vérité, c'est que vous devez, dans ce vase étroit, mener une vie fort triste.

  - La vie, par elle-même, n'est pas fort gaie. On y entre en pleurant, on pleure en la quittant. La roue du siècle est comme celle d'un moulin où chacun se présente à son tour pour voir broyer les instants de sa course. Aujourd'hui, c'est le monde. Demain, c'est moins qu'un rêve, ce n'est rien.

La mode de la femme invisible donne lieu à la création de deux pièces de théâtre, La Dame Invisible, vaudeville en un acte avec le citoyen Brunet dans le rôle du niais, représentée la première fois au Théâtre Montansier-Variétés le 8 avril 1800 (9). Cette pièce évoque la concurrence entre Laurent et Robertson mais convainc peu le critique du Courrier du Spectacle (10). Lui succède  La Femme invisible d'Alexis Dordey, représentée la première fois le 25 mai 1800 (11).

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​(9) Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres8 avril 1800

(10) Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres, 9 avril 1800. Egalement dans Journal des débats et des décrets, 10 avril 1800

(11) Magasin encyclopédique; ou Journal des sciences   25 mai 1800, Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres 26 mai 1800, Gazette nationale ou le Moniteur universel, 29 mai 1800, p. 3/4

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La femme invisible de M. Charles

 

Quelques indices, mais pas de preuves, pourraient laisser penser que Laurent et Ingannato, l’homme de Paphos, ne sont personne d’autre que Charles Rouy. En ce début d’année 1800, an VIII de la République, la notoriété de Charles Rouy est d’un tout autre ordre que celle de Robertson (12). 

Comme l'a montré Françoise Levie dans sa biographie de Robertson, celui-ci, au printemps 1800, est en proie à diverses difficultés : spectacles concurrents dans le domaine de la fantasmagorie, procès mettant en cause l'originalité de son invention du dispositif même de fantasmagorie. Un certain Clisorius l'accuse en effet de n'avoir fait que reprendre des procédés déjà décrits par Athanasius Kircher et Guyot.(13).

 

Cette situation amène Robertson à passer un contrat de licence à un certain Schouard, que Françoise Levie identifie comme Rouy Charles, en fait Charles Rouy. Le contrat prévoit que Rouy peut utiliser les procédés et les termes génériques de la fantasmagorie pour un montant de 300 francs. Françoise Levie ne paraît pas voir identifié que Charles Rouy est bien le nom réel de ce Schouard. 

Né à Raucourt, dans les Ardennes, en 1770, il est présenté dans les notices biographiques autorisées de son vivant comme ayant commencé sa carrière parisienne en tant que mécanicien dans l’atelier de l’astronome Lalande ou en tant que professeur de mathématiques. Des témoignages contemporains et les dossiers de police retrouvés par les historiens donnent de lui une image moins flatteuse. Son acte de mariage, du 11 juin  1788, le renseigne comme "marchand forain"(15). Avant la Révolution, il se retrouve sur les quais comme prestidigitateur, joueur de gobelets et diseur de bonne aventure sur les places publiques, et déjà alors il affectionne particulièrement les porte-voix, qu’il utile pour des dialogues facétieux avec son public (16). Un rapport de police le désigne comme "diseur de bonne aventure avec une espèce de trompe dans l’oreille dans les places publiques et recevant chez lui ceux et celles qui se présentaient pour consultation soi-disant magiques" (17).

Dans les notices biographiques qu’il rédige durant la Révolution, il se présente comme "Républicain avant 1789, assiégeant de la Bastille et arrestateur du traître Flocol (en l’occurrence M. de Flossolles, prévôt des Marchands), l’un des chefs du 5 et 6 octobre, couvert de sang le 17 juillet au Champ de Mars, coopérateur du 10 août, un des principaux chefs chargés de pouvoir de l’insurrection du 31 mai, etc." (18).  De 1791 à 1799, il est l’auteur, sous le nom de Rouy l’Ainé, d’une quinzaine de publications, (pétitions, Almanach historique de la Révolution, Le Magicien Républicain ou  Almanach des Oracles, pamphlets …). Ses témoignages sur l’exécution de Louis XVI, de Marie-Antoinette, sur la conspiration de la prison Saint-Lazare, dont il a été témoin oculaire, sont pris en considération par les historiens de la Révolution. Dans ses Oracles, il se présente comme un continuateur de Nostradamus, cite les théories de Kircher sur le miroir d'Archimède, utilise la giromancie et la numérologie. Il  réhabilite les oracles anciens, savoir prédictif des savants, en accusant le christianisme d’en avoir prohibé l’usage. Son activisme inquiète : suspecté d'être un agitateur il est arrêté à plusieurs reprises et est libéré à la chute de Robespierre.  Sous le Directoire, des rapports de police font de lui un personnage douteux. Quelques jours après le 18 Brumaire, il publie un Acte d'accusation contre l'Ex-Directoire exécutif de la République française et se rallie au Consulat.

 

Il se fait désormais appeler R. Charles ou Monsieur Charles,  probablement autant pour masquer son passé révolutionnaire que pour jouer d’une supposée parenté avec Jacques Charles, le grand physicien, qui s’en agacera publiquement.  

Au printemps 1800, Rouy a installé un "salon de physique acoustique et mécanique" au Passage Longueville, qui fut percé à la fin du XVIIIe siècle au sein de l'Hôtel de Longueville et qui se situait entre l'actuelle Place du Louvre et la Place du Carrousel. L'endroit est à la mode à ce moment et est un des lieux où les Parisiens viennent chercher les innovations (19) Avant l'ouverture au grand public, il a soin d'inviter des personnalités, "magistrats et savants". Dès Le 13 mars un trio de savants, Georges Cuvier,  Alexandre Brongniart et André Marie Constant Duméril se rendent au Passage Longueville pour observer le spectacle de la femme invisible. Ils furent incapables de comprendre le principe utilisé (20). Charles y propose des expériences sur "l'invisibilité et sur la parole donnée à une figure isolée de toute communication" (21). Début juin, plusieurs articles, signés par un certains Denis, dénoncent l'imposture, de l'invisibilité organisée autour d'un globe de verre, dans une disposition qui paraît similaire à celle de Robertson (22).

Avant l'ouverture de son spectacle au grand public, Rouy a probablement eu soin d'inviter des personnalités pour des présentations privées. Les premières représentations du spectacle ne sont apparemment pas annoncées dans la presse et c’est par un article médisant de Denis, le 5 juin, que l’on en découvre l’existence (23).

M. Charles répond aux moqueries de Denys (qui n'est peut-être que son faire valoir) en annonçant une démonstration publique le 18 Prairal (7 juin). Celle-ci a lieu en présence de membres de l'Institut, de hauts fonctionnaires, de savants, des magistrats les plus distingués et d'une foule innombrable. Ce succès permet à M. Charles d'annoncer l'ouverture quotidienne au public de son salon.

Deux jours plus tard, paraît un « Avis au public » dans Le Courrier des spectacles, prenant la défense de l’organisateur du Salon de physique acoustique et mécanique, le citoyen R. Charles, qui «ne cesse d’obtenir les éloges flatteurs des magistrats, des savants et du public  depuis l’ouverture de son salon d’expérience sur l’invisibilité et sur la parole donnée à une figure isolée de toute communication».  On apprend ainsi qu’outre la femme invisible, Rouy a également remis à la mode les bustes parlants, en l’occurrence un buste de Trophonius. Le 9 juin, Le Courrier des spectacles rend compte de manière dithyrambique de cette démonstration des "expériences incompréhensibles qui ont été faites (…)  en  présence d’un grand nombre de membres de l’institut national, de fonctionnaires publics, de savants et d’une foule incroyable de citoyens" (24). Après une description détaillée des deux expériences, l’article conclut :

« Les procédés qui font mouvoir et parler cette figure surprenante, ainsi que ceux qui établissent la communication de la personne invisible avec les spectateurs, étant les mêmes que ceux qui ont si longtemps fait retentir le monde des merveilles que les prêtes païens produisaient dans l’Egypte et la Grèce, lorsqu’ils animaient et faisaient parler les statues des faux dieux, rendaient des oracles, etc. sont d’autant plus curieux, qu’ils sapent les fondements de toutes les superstitions, et que malgré les recherches qu’une infinité da savants ont faites depuis plus de deux mille ans pour découvrir la supercherie des ces ministres de l’idolâtrie, aucun n’y était encore parvenu jusqu’à ce jour ».

Rouy, qui avait tenté de réhabiliter les oracles dans ses écrits révolutionnaires prétend visiblement à présent renouer avec les critiques de Van Dale, de Fénelon ou de l’article «Oracle» de Jaucourt dans l’Encyclopédie. L’intérêt des savants français pour son expérience fait débat. Le procès-verbal de la séance du 21 Prairial (10 juin 1800) de l’Académie n’indique pas le même enthousiasme de la part des membres de l’Institut (25) et leur présence est contestée par Auvray (37). Il est cependant confirmé par Y., rédacteur au Journal de l’Empire (38), par le mémorialiste Jen-Baptiste Salgues (39) et par Robertson lui-même. Rouy en appelle au témoignage des savants qui ont assisté à la démonstration : le mathématicien Monge, l'astronome Lalande, le chirurgien Tenon, le botaniste et écrivain Bernardin de Saint-Pierre « dont les éloges et applaudissements ne peuvent être révoqués en doute»(40).  Il proteste que ses démonstrations ne visent pas à propager la magie mais au contraire à expliquer les mécanismes utilisés depuis des siècles par les organisateurs d'oracles.

Le 11 juin, Aufray, qui avait fait une critique sévère du spectacle de Laurent, publie un long article où il annonce le retour du temps des magiciens et décrit ce qu'il considère comme la cinquième femme invisible de Paris. Il perçoit que le globe de verre n'est qu'un leurre et suspecte qu'un tuyau de fer blanc est caché dans la balustrade qui sépare le public de l'appareil. Il brosse un portrait peu complaisant de Charles embarrassé par les questions des étudiants de Polytechnique et regrettant le manque de délicatesse de ceux qui cherchent à comprendre le dispositif (26) Charles lui répond en détail, réfute chaque argument et en appelle au témoignage des savants qui ont assisté à la démonstration (le mathématicien Monge, l'astronome Lalande, le chirurgien Tenon, le botaniste et écrivain Bernardin de Saint-Pierre. Il proteste que ses démonstrations ne visent pas à propager la magie mais au contraire à expliquer les mécanismes utilisés depuis des siècles par les organisateurs d'oracles.(27) Aufray répond à son tour pour souligner les incohérences de Charles R., se moquer d’une découverte qui vient deux mille ans trop tard et démentir la soi-disante présence des savants (28)

Les critiques cependant se multiplient : analyse de l’illusion par un certain Haumont (29), dénonciation par une femme de la fascination qu’exerce l’Invisible sur son mari (30).  Probablement victime de son succès, le spectacle commence à faire l'objet de quolibets publics. Un plaisantin annonce que six femmes invisibles ont été entendues à Gonesse et demande aux grammairiens de préciser le sens du terme invisibilité (31). Un autre rapporte l'histoire d'une expérience qui a failli mal tourner, un physicien ayant enterré dans un tonneau son compère qui devait parler à travers des tuyaux. L'Almanach des Ridicules et les chansonniers s'emparent du sujet pour dénoncer l'organisateur charlatan ou tenir des propos misogynes (32). Outre deux pièces de théâtre  La Dame Invisible, vaudeville en un acte de Châteauvieux,  représenté la première fois au Théâtre Montansier le 8 avril 1800 et resté à l’affiche jusqu’au 19 juillet 1800, et La Femme invisible d'Alexis Dordey, représentée la première fois le 25 mai 1800 au Théâtre des troubadours, on trouve des allusions dans pas moins de treize vaudevilles,  dans la pseudo-traduction d’un faux roman anglais Miss Glamour, Ou Les Hommes Dangereux de Théodore Pierre Bertin ou encore dans le roman historique Isabelle et Jean d’Armagnac de Jean-Pierre Brès (33).

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Alexandre Coupe, Ma vocation. Satire, Fructidor An VIII

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A partir du 13 juin paraissent enfin les annonces dans le Courrier des Spectacles. On note qu'outre le spectacle de la "personne invisible", qui touche du piano, chante en français et en allemand et répond à toutes les questions,  on peut voir un buste parlant de Trophonius, Charles renouant ainsi les pratiques de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

Cependant, contrairement à ce qu'insinue la satire d'Alexandre Coupé, le spectacle n'attire pas que les sots. Le succèsest tel que Cambacérès, Deuxième Consul, assiste à une représentation. Deux mois après la bataille de Marengo, qui a conduit à une suspension d'armes entre la France et l'Autriche, hommage est rendu au Premier Consul par les voix des invisibles, dont l'oracle prédit également l'instauration de la paix. Selon un témoin, Rouy aurait proposé au Deuxième Consul un système permettant la communication orale, en moins d'une minute, entre Paris et Versailles (34). On n'en saura pas plus sur ce système que Frédéric M* imagine comme un concurrent du télégraphe optique, mais dont on peut présumer qu'il offrait quelque parenté avec les projets de Dom Gauthey et de Jeremy Bentham en matière de réseaux de communication par tuyaux.

En août, Rouy indique son souhait d'établir des expériences acoustique et d'invisibilité au Champ de Mars et son projet d'établir une liaison entre Versailles et Paris.(35)

Rouy annonce le 7 septembre qu'il a obtenu l'autorisation du Ministre de l'Intérieur, Lucien Bonaparte, de donner des représentations à l'Orangerie de Saint-Cloud, là même où avait eu moins d'un an plus tôt le coup d'Etat du 18 Brumaire. Outre le spectacle «de l'homme et de la femme invisible», c'est à présent quatre bustes parlants qui sont annoncés (36). Les représentations y ont lieu du 7 au 26 septembre. Si l’on en croit Le Courrier des spectacles, «les consuls  de la République,  les ministres et ambassadeurs, les sociétés savantes et les physiciens célèbres ont honorés de leur présence et de leur admiration» (37). 

Dans la foulée de cette reconnaissance institutionnelle, à partir du 27 octobre, le spectacle des personnes invisibles se déplace au Palais du Tribunat (c'est à dire au Palais Royal) et prend le titre, jusqu’au 11 novembre, de Spectacle merveilleux et incompréhensible - Physique acoustique (38). Toute prétention scientifique ou idéologique est à présent écartée et le spectacle s'adresse simplement "aux amateurs de merveilleux" (39) La locutrice invisible n’est plus seule, mais sont annoncés "homme, femme et enfant invisibles" (40).

Fin novembre, sont annoncés simultanément  un nouveau spectacle de fantasmagories de Robertson, avec la femme invisible,  à la Cour des Capucines et des fantasmagories de Charles, avec bustes parlants à la Maison Longueville. Le spectacle de la Cour des Capucines continuera quant à lui jusqu'à la mi-octobre 1802. Charles paraît avoir eu plus de difficultés à maintenir un lieu et une programmation stable. 

Cependant la prétention pédagogique de Charles Rouy réapparaît dans l’annonce du Nouveau spectacle fantasmagorique qu’il propose du 2 au 15 décembre à la Maison Longueville (41). Ce spectacle propose des «évocations et apparitions de fantômes, génies, amours, ombres de personnes vivantes ou décédées, etc. d’après Philidor». L’élargissement de la gamme de spectacles de Rouy vers la fantasmagorie résulte d’un accord avec Robertson.

 

Françoise Levie a pu retrouver dans les Archives de la Préfecture de Police un contrat entre les deux hommes, datant de l’automne 1800, par lequel Robertson autorise Rouy à utiliser les techniques et la terminologie de la fantasmagorie, pour un montant de 300 francs (42). A partir du 15 décembre, ce spectacle est annoncé en relâche «pour réunir cette expérience à celle de l’invisibilité et des bustes parlants, au Palais du Tribunat» (43).

 

Les deux spectacles sont regroupés au Palais du Tribunat, à partir du 28 janvier 1801 sous le titre Physique acoustique fantasmagorie (44) puis du 9 février 1801, sous le nom de Catoptique physico-magique ou fantasmagorie perfectionnée, regroupant "apparitions de fantômes, génies, amours, Vénus aux belles fesses et de Médicis, ventriloque, homme et femme invisible, bustes parlants" (45).  Ce spectacle dure jusqu'au 14 mars 1801 (46).

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Courrier des spectacles, 3 février 1801

A partir du 27 mai 1801, nouveau changement de lieu et de programmation. R. Charles, à présent désigné comme "Professeur de physique occulte" présente désormais au Théâtre des Oracles (« ci-devant Lazary »), Boulevard du Temple, une «réunion de cinq spectacles merveilleux» : Mystères de l’idolâtrie dévoilés, Bustes parlants à l’instar des oracles, Invisibles, ventriloque, apparitions fantasmagoriques perfectionnées (47). S’ajouteront également à partir du 14 juin les Illusions du Micascope, Le Sabbat infernal, La danse d’un chat prodigieux, Le ballet des sorciers (48). 

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Le "Petit Lazzari", boulevard du Temple, vers 1800.

Le changement de lieu et de lexique correspondent probablement à un changement de public cible : les spectacles du Boulevard du Temple sont plus susceptibles de toucher un public populaire que ceux de la Maison Longueville et du Palais du Tribunat. On notera également le recours, pour la première fois, à la terminologie «Théâtre», que n’interdit pas encore le décret du 8 juin 1806. Le Théâtre des Oracles et des Morts est annoncé pour la dernière fois le 6 août 1801 (49). Des représentations du "Théâtre des Oracles ou spectacle incompréhensible et merveilleux du citoyen Charles, artiste-physicien et professeur de philosophie occulte" auront encore lieu à Rouen le 29 novembre 1801 au 9 décembre 1801 aux ci-devant Cordeliers, Rue Nationale (Théâtre des Arts) alors que Rouy est en route pour Londres (50).

 

Les raisons de l’arrêt du spectacle ne sont pas connues. Robertson et les biographes contemporains évoquent une intervention de la police ou du gouvernement. Aucune source n'est citée pour étayer cette information, que pourront peut-être confirmer des investigations d’archives. Il est possible que le tournant oraculaire du spectacle du Théâtre des Oracles et des Morts ait suscité des troubles ou inquiété la police. Charles Rouy était toujours surveillé par celle-ci et poursuivait ses activités politiques clandestinement, car on retrouve dans une liste du 17 nivôse an IX (6 janvier 1801) son nom parmi ceux d’autres "terroristes" (51).  Peut-être est-ce le simple caractère interactif du spectacle, transposé en milieu populaire, qui a inquiété.

Un vaudeville de 1802 suggère que le bal du Panorama moral, au Palais-Royal, est devenu plus à la mode (52). En décembre 1804, une comédie de Moreau et Lafortelle, donnée au Théâtre du Vaudeville, La nouvelle nouveauté, charge la rapide pérennité des spectacles et l'ennui qui gagne les Parisiens. La fin des fantasmagories de Robertson et de la femme invisible y sont évoqués.(49). La prétendue interdiction pourrait bien n'être qu'une des manifestations du délire paranoïaque (diagnostiqué par Souleyrol) auprès de ses biographes.

La Femme invisible restera cependant partie intégrante des Fantasmagories de Robertson, jusqu’en novembre 1802, restant visible même lorsque le reste du spectacle est en relâche. Faute de témoignages, il n’est pas possible de déterminer à quel moment Robertson a adopté (et adapté dans un format plus transportable) le modèle du globe à quatre porte-voix. Peut-être cela faisait-il partie de l’accord passé avec Rouy à l’automne 1800 ? C’est ce modèle du globe que Roberston va emmener dans son voyage en Allemagne et en Russie et qu’il montrera dans son Spectacle instructif, à son retour à Paris, entre le 7 avril 1815 et le 30 avril 1817 (53) et on peut supposer que c’est celui qu’il utilisera encore dans les fêtes du Nouveau Tivoli, entre 1826 et 1831

Le nombre de simples évocations ou de témoignages, dont ceux de visiteurs étrangers, atteste du succès des spectacles de Robertson et de Charles. (54). La Femme invisible est, sans conteste, le spectacle à voir durant les années du Consulat. A Paris même, le spectacle ne paraît guère contesté, mais les articles dans la presse allemande, en particulier dans la revue Paris und London sont sévères et dénoncent le charlatanisme de Robertson et de 'Carl Rony'. L'un de ces articles rappellent le récit de Nicolai sur les illusionnistes italiens et la description du dispositif fournie par Heinrich Maximilian Brünner dans sa brochure Ausführliche Beschreibung der Sprachmaschinen oder sprechenden Figuren publiée à Nüremberg en 1798.

Une attraction française au service du Consulat ?

Censée être un spectacle d'émancipation, la Fille invisible est, au fil des ans, devenu un objet de critique du pouvoir de Bonaparte. La plus étonnante est peut-être celle de Jean-Baptiste ¨Peltier, journaliste contre-révolutionnaire, exilé à Londres où il édite L'Ambigu, une feuille dont la virulence contre Bonaparte est telle qu'elle sera condamnée par la justice anglaise. Dans "Physique", un article consacré aux annonces de Bonaparte en matière de recherche scientifique, Peltier écrit avec ironie :

"Encore une fois, nous ne saurions nous lasser d'admirer, ni d'exalter le siècle qui nous retrace toutes les merveilles de l'antiquité et même de la mythologie La Phantasmagorie et la Fille Invisible nous ont déjà donné l'explication des mystères d'Isis. Nous sommes tous initiés aujourd'hui à la science des prêtres d'Egypte. Les miracles de Jesus-Christ eux-mêmes ne sont plus qu'un jeu pour les beaux esprits Français". (55)   

L'allusion à la Phantasmagorie et la Fille Invisible sont en fait intégrés dans un salve contre Bonaparte indiquant que le soutien que le Premier Consul démontre à la recherche scientifique est une mascarade destinée à endormir les Français pour mieux asseoir son pouvoir. Quelques pages plus loin, le journal propose des "Séances à la femme invisible", qui est l'occasion de dialogues imaginés entre Bonaparte et son fidèle Bourienne. Dans un numéro suivant, la Fille invisible est questionnée par un spectateur sur ce qui se passe aux Tuileries et invitée à rendre compte d'un dialogue entre le Président du Sénat et Bonaparte, devenu Consul à vie. (56)

Dans son Mémoire pour servir à l'histoire de France sous le gouvernement de Napoléon Buonaparte, Jacques-Barthélemy Salgues, littérateur royaliste, écrit quant à lui:

 

"La frivolité publique se partageoit entre le plaisir de la danse, et le phénomène singulier de la fille invisible. Cette expérience, si connue aujourd'hui, occupoient alors tous les esprits, et les savants eux-mêmes, s'associoient à la curiosité publique pour en chercher le secret". (57)

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Emplacement de l'ancien Passage Longueville

(12) Sur Charles Rouy (1770-1848), voir article "ROUY Charles", in ARNAULT L.V. et al., Biographie nouvelle des Contemporains, Librairie historique, T.18, 1825, p. 269-270; article "ROUY (Charles)" in BOULLIOT J.B.J., Biographie ardennaise ou Histoire des ardennais qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leur vertus ou leurs erreurs, Volume 2, Paris, 1830, pp.498-500. ; LETILLOIS DE MEZIERE, "ROUY Charles)" in Biographie générale des Champenois célèbres, morts et vivants, Journal des peintres, 1836, pp.131-132 ; Abbé PREGNON, Histoire du pays et de la ville de Sedan depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours , Auguste Pouillard, Charleville, 1856, pp.377-379 ; "ROUY Charles" in Almanach de la Champagne et de la Brie : Aube, Ardennes, Marne, Haute-Marne, Seine-et-Marne, Yonne, 1886,  p.49 ; ROUY R., "Un inventeur ardennais. Charles Rouy (1770-1848", Le Rimbadlien, n.11, 1948 ;  ROUY, R., "La curieuse vie de Charles Rouy", in Annales sedanaises d'histoire et d'archéologie : bulletin de la Société des amis du Vieux Sedan, n.16, 1953, pp.17-22 et la notice de la BNF. ; ROUY H., Histoire des familles Rouy, non publié ; SOULAYROL L., Les Mémoires d'une aliénée d'Hersilie Rouy, Vers de nouvelles perspectives, L'Harmattan, 2015 

 

Le livre du psychiatre Laurent Soulayrol, consacré au cas fameux d'Hersilie Rouy, fille du deuxième mariage de Charles Rouy, aliénée internée à la demande de son demi-frère, retrace de manière détaillée la biographie du personnage. Libertin et bigame, Charles Rouy est décrit comme souffrant d'un délire de persécution, assoiffé de reconnaissance publique. L'ouvrage de Soulayrol est très détaillé sur biographie de Charles Rouy durant la période révolutionnaire et la Restauration, mais, curieusement, reste très superficiel et imprécis sur "M. Charles" et ses spectacles de femme invisible.

(13) LEVIE, F., op.cit.pp.120-121. Sur le procès intenté à Robertson, voir Le Républicain, journal des hommes libres de tous les pays 26 mai 1800 ; Journal des débats et des décrets 26 mai 1800

(14) "Passage Longueville", Site Gericault Life, consulté le 9 juillet 2020.

(15) Henri ROUY, "La curieuse vie de Charles Rouy", in Annales sedanaises d'histoire et d'archéologie : bulletin de la Société des amis du Vieux Sedan, n.16, 1953, pp.17-22

 

(16) "Experimente der Unsichtbarkeit und des Trophoniuskopfes im Maison Longueville. Anecdoten von Carl Rony , dem Unternehmer", London und Paris 3 (1800), Bd. 5, 4. St., p.313 ; Gundula GOBEL et Albert SOBOUL, «Audience et pragmatisme du Rousseauisme: Les Almanachs de la Révolution (1788-1795), Annales historiques de la Révolution française , Octobre-Décembre 1978, 50e Année, No. 234, p. 617-618 

 

(17) «Rouy Charles» in Albert SOBOUL et Raymonde MONNIER, Répertoire du personnel sectionnaire parisien en l'an II, Publication de la Sorbonne, Paris, 1985, p. 218 

(18) Henri ROUY, op.cit.

​​

(19) "Passage Longueville", Site Gericault Life.

(20) BRONGNIART A., Journal sédentaire, Carnet n°13, 22 ventôse an VIII, 13 mars 1800, cité in TAQUET P., Georges Cuvier: Anatomie d'un naturalisteOdile Jacob, 2019. 

 

(21) Journal des débats et des décrets 6 juin 1800, Journal des débats et des décrets, 7 juin 1800, Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres 7 juin 1800 ; 

(22) Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres, 5 juin 1800, Journal des débats et des décrets, 6 juin 1800.

(23) DENIS, « Avis », Le Courrier des spectacles, 16 prairial, an VIII.

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Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres, 5 juin 1800

(24) « Salon de physique acoustique et mécanique du citoyen R. Charles », Le Courrier des Spectacles, 20 prairial, an VIII, pp. 2-3

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Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres, 8 juin 1800

(25) Procès-verbaux des séances de l'Académie tenues depuis la fondation de l'Institut jusqu'au mois d'aôut 1835 , Observatoire d'Abbadia, Hendaye, v.2 (1800-1804), 1912, p. 175.

 

(26) AUVRAY «Expérience publique de la cinquième femme invisible, depuis six mois», Le Courrier des Spectacles, 22 prairial, an VIII, pp. 3-4.

(27) R. CHARLES "Réponse du citoyen R. Charles à la critique du citoyen Auvray", Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres, 21 juin 1800

(28) "Second et dernier mot d'Aufray à Charles R.", Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres 23 juin 1800

(29) HAUMONT, «Aux auteurs du journal», Journal de Paris, 25 Messidor, an VIII, pp.1423-1424.  Voir également « La voix invisible », London und Paris, 5 Bd, 1800, pp. 249-250.

(30) Thérèse M***, "Au Rédacteur", Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres, 18 jullet 1800

(31) Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres 27 juin 1800

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Annonce dans Le Courrier des Spectacles (du 13 au 20 juin 1800)  :/ Journal des débats et des décrets, 24 juin 1800

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Journal des Débats, 28 juin 1800

 

(32) BORET, « Sur les bustes et les figures parlantes », Le Courrier des spectacles, 25 thermidor, an III; La Gazette  26 thermidor, an III. Robertson reprend l’anecdote dans ses Mémoires et Boret n’est probablement qu’un de ses pseudonymes.

(33) Ouverture du Jardin du Palais-Egalité (cité in L'Ami des Lois, 23 mai 1800) COUPE DE SAINT-DONAT, A., Ma vocation. Satire, Fructidor an VIII (septembre 1800); GAULARD DE SAUDRAY, C.E., Les Petits tableaux, ou la Petite lanterne-magique, pièce lue à la 2e séance publique du petit Lycée-Germain, le 5 frimaire an X1801 ; MARRANT, "La femme invisible" in Tout Paris en vaudevilles. Ouvrage critique, comique, philosophique, véridique, aristocratique, patriotique, démocratique, et par conséquent à l'usage de toute la République, Barba, Paris, 1801, DUPUTEL, P., "La femme invisible; Vaudeville" in Bagatelles poétiques, ou recueil de fables nouvelles, chansons et poésies diverses, Ouvrier, 1801, CHATEAUVIEUX et LIGNARD, "Au citoyen Sicard qui paraissait étonné en écoutant la dame invisible" in Le Fagot d'épines, ou recueil de couplets mordans, piquans, galans, etc. volés à droite et à gauche. Seconde édition, Chez le receleur, Paris, 1801, p. 99 ; MARSOLIER et CHAZET, Le joueur d'échec, chez Madame Masson, 1801, p. 9

Magasin encyclopédique; ou Journal des sciences   25 mai 1800, Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres 26 mai 1800, Gazette nationale ou le Moniteur universel, 29 mai 1800, p. 3/4 ; Almanach des Muses 1801, p.346

 

Théodore Pierre BERTIN,  Miss Glamour, Ou Les Hommes Dangereux, « Version libre de l’anglais », Chez l’Auteur et chez Debray, Volume 2, An IX, p. 44

 

Jean-Pierre BRES, Isabelle et Jean d'Armagnac, ou les Dangers de l'intimité fraternelle. Partie 3, Année 12, roman historique, Marchand, 1804, p.162

(34) Frédéric M***, ; «Au même», Journal des débats, 2 Fructidor, an VIII, p.2 ; Frédéric M***, «Au rédacteur», Le Courrier des spectacles, 4 Fructidor, an VIII, p.4.

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Victor-Jean Nicolle, Château de Saint-Cloud et orangerie

Photo (C) RMN-Grand Palais (musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau)

(35) CHARLES R., "Au Rédacteur", Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres, 13 août 1800 ; Journal des débats et des décrets, 14 août 1800.

(36) Journal des débats, 20 fructidor, an VIII, p.1 ; Courrier des spectacles, 2ème jour complémentaire, an VIII, p.4

 

(37) «Avis aux amateurs de merveilleux», Le Courrier des spectacles, 3 brumaire, an IX, p.3

Journal des débats et des décrets 7 septembre 1800, Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres 19 septembre 1800. Charles Rouy est probablement celui des investisseurs qui a demandé à Lucien Bonaparte d'introduire auprès du Premier Consul une demande de brevet pour la femme invisible, demande qui suscita l'ire de celui-ci et qui est restée dans les annales du droit des brevets. 

 

(38)  Journal de Paris, 10 brumaire an IX, p.2

 

(39) «Avis aux amateurs de merveilleux», Le Courrier des spectacles, 3 brumaire, an IX, p.3

(40)  Journal de Paris, 10 brumaire an IX, p.2

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Galerie des Bons Enfants au Palais du Tribunat, Estampe (Source : Musée Carnavalet)

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«Avis aux amateurs de merveilleux», Le Courrier des spectacles, 3 brumaire, an IX

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(Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres, 28 octobre 1800

(41) «Nouveau spectacle fantasmagorique», Le Courrier des spectacles, 9 frimaire an IX, p.4

 

(42) Archives de la Préfecture de Paris, D.Q71234 fol .40, cité in LEVIE, op.cit., pp .122-123.

 

(43) «Spectacle fantasmagorique de R. Charles», Le Courrier des spectacles, 24 frimaire an IX, p.4

 

(44) Le Journal de Paris, 8 pluviôse, an IX, p. 776 ; 12 pluviôse, an IX ; 15 pluviôse, an IX.

 

(45) Le Journal de Paris, 20 pluviôse, an IX, p. 848.

 

(46) Journal des débats, 23 ventôse, an IX, p. 1

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Courrier des Spectacles, 25 juin 1801

(47) Journal des débats, 7 prairial, an IX, p.2 ; 25 prairial, an IX, p. 4.

 

(48) Courrier des spectacles, 25 prairial, an IX, p.4

(49) Journal des débats, 18 thermidor an IX, p.1

(50) Jules Edouard BOUTEILLER, Histoire complète et méthodique des théâtres de Rouen, Giroux et Renaux, Rouen, 1863, pp.31-32

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Almanach des Ridicules, 1801

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RAGUENAU DE LA CHANAYE, A., Angotiana, ou, Suite des calembourgs comme s'il en pleuvoit, Chez Barba, 1803

​(51) SOULEYROL. op.cit., p.162. Voir également Albert SOBOUL et Raymonde MONNIER, op.cit.

​(52) PERIN R., PILLON A., La grand ville, ou, Les Parisiens vengés, Marchand, 1802, p.39

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MOREAU  et LAFORTELLE La nouvelle nouveauté, 1804.

(54) DUCHESNE H.G., "Femmes invisibles", Dictionnaire de l'industrie, ou Collection raisonnée des procédés utiles dans les sciences et dans l'art. Poignée, Vollant, Tome 3, 1800, p.18 ; HENNINGS A., Hsg, Der Genius der Zeit, v.20 , n.2,p.315 ; "Experimente der Unsichtbarkeit und des Trophoniuskopfes im Maison Longueville. Anecdoten von Carl Rony, dem Unternehmer", London und Paris, 3 (1800), Bd. 5, 4. St., S. 308 ; SUE P., Histoire du galvanismeBernard,1802, p.306 ;  Vaderlandsche letteroefeningen, Amsterdam, 1803, p.600 ; MEYER, F.L.G., Briefe aus der hauptstadt und dem innern Frankreichs, J.G. Cotta, Tübingen, 1803, pp.291-292 ; BRES J.P., Isabelle et Jean d'Armagnac, ou les Dangers de l'intimité fraternelle. Partie 3, Année 12, roman historique, Marchand, 1804, p.162 ; PILLON-DUCHEMIN, A.A.F., Lucien moderne, ou Légère esquisse du tableau du siècle, Allut-Martinet, Tome II, 1807, p.155 ; PFAFF, "Beschreibung und Erklärung den unsichtbaren Frau"(1807), in Annalen der Physik, Bd 28, 1808, pp. 244-247 ; "Von Herrn Dr. SCHMIDT", Annalen der Physik, 1800, Bd 29, p. 470 ; NOUGARET, P.H. Aventures parisiennes, avant et depuis la Révolution. Tome 2,  Maugeret fils, 1808, p.234 ; "Die Felle Invisible und Die Invisble Girl", Bulletin des neuesten und wissenwürdigsten aus der naturwissenschaft, Juni 1809, pp.97-106  ; RICHARD, Arlequin-Lucifer, ou Cassandre alchimiste: folie en un acte, mêlée de couplets, Fages, 1812, p.3​

(55) "Physique", L'Ambigu, n.II, Londres, s.d. (1802), pp. 33;

Sur Peltier, voir MASPERO-CLERC M., "Un journaliste émigré jugé à Londres pour diffamation envers le Premier Consul", Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine , 1971  18-2  pp. 261-281 Dans des "Séance à la fille invisible", 44

(56) ibid., p.43 ; p.65

(57) SALGUES J.B., Mémoire pour servir à l'histoire de France sous le gouvernement de Napoléon Buonaparte et pendant l'absence de la maison de Bourbon. Louis Fayolle, Tome III, 1814, p.442. Voir également SALGUES J.B., Des erreurs et des préjugés répandus dans les dix-huitième et dix-neuvième siècles, J. G. Dentu, 1828, p.402

Bien que cela soit peu documenté, le spectacle de Charles sur les personnes invisibles a voyagé en province (58). Boillot signale que Rouy a organisé des représentations à dans la salle Cloquinet de Raucourt, son village natal (59) L'historien Henri Rouy rapporte avoir eu accès aux documents de police sur les troubles suscités dans les Ardennes et l'interdiction dans ce département. Il mentionne également des échanges de correspondance et des démêlés avec d'autres préfectures (60). Charles a également organisé des représentations à Rouen et à Lille en 1801, probablement durant le voyage qui le mène à Londres. Le témoignage du lillois Victor Derode, qui a conservé l'annonce décrivant un "spectacle incompréhensible tenu par une jeune artiste et physicienne occulte" en indique la présence à la salle de spectacle Le Cirque, à Lille en 1801 (61) Une représentation à Rouen le 18 frimaire de l'an X (9 décembre 1801) du "Théâtre des Oracles ou spectacle incompréhensible et merveilleux du citoyen Charles" au Théâtre des Arts. Si l'on en croit le témoignage tardif, mais assez précis, de J.E. Bouteillier, historien du théâtre à Rouen, la fille invisible avait onze ans "raisonnant sur l'Histoire, la Fable, la Mythologie, Homère, Ovide, Hérodote, soutenant la conversation sur tel sujet que ce puisse être, distinguant jusqu'au plus petit objet, même l'heure et la minute que marquaient les aiguilles d'une montre, soupirant à l'oreille des spectateurs dont elle suivait les mouvements et semblait prête à deviner la pensée, etc." (62).

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Annonces voisines des Soirées de Garnerin et du Spectacle Uranographique des Phénomènes de l'Univers de M. Charles dans Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres 28 mars 1806

La femme invisible expliquée - Ses retours épisodiques à Paris

En l'absence de Charles Rouy, parti présenter son spectacle à Londres (63)  et de Robertson, parti pour la Russie,  d'autres spectacles  se créent. Ainsi, entre décembre 1804 et  janvier 1806, un M. Bienvenu propose dans son Cabinet de physique, rue Notre-Dame des Champs, "des expériences d'électricité, des gaz, feux d'artifice par l'hydrogène, nuées orageuses, tableaux pittoresques (...) On y voit la femme invisible avant de commencer la séance"(64)​. 

 

De retour en France M. Charles lance, à partir du 6 février 1806, rue Villedot, un "Spectacle Uranographique des Phénomènes de l'Univers". Il a en effet inventé un "planisphère perpendiculaire" permettant d'illustrer le mouvement des planètes du système solaire.  Fin mars, ce spectacle est complété par celui de La fille invisible. (65). Le spectacle suscite l'opposition des milieux scientifiques et même des réticences de la part du Courrier des spectacles, qui a pourtant toujours appuyé Charles (66). Le grand physicien Jacques Charles s'agace de l'ambiguïté qu'entretient Rouy autour de son nom, suscitant une réponse outrée de celui-ci, prétendant n'avoir jamais usurpé le titre de physicien (67) 

 

Le public paraît à présent plus soucieux d'explications scientifiques que de mystères. A partir de mars 1806, l'aéronaute Garnerin organise des soirées d'explications des phénomènes physiques. L'annonce vise implicitement les spectacles de Charles "M. Garnerin ayant un nom et une réputation à soutenir, prévient que tout est magnifique dans son établissement, et que rien n'y ressemble à ces réduits obscurs ou la science dégradée ne peut qu'inspirer le dégoût". (68) Garnerin doit y avoir révélé les secrets de la fille invisible car celle-ci disparaît du programme du Spectacle Uranographique à partir du 9 avril 1806. Comme l'écrit le Courrier des spectacles "le mystère de la fille invisible et celui de la phantasmagorie sont aujourd'hui révélés et il n'est presque plus d'enfant qui s'effraie maintenant d'un spectre ou d'une voix  inconnue" (69)

 

Quelques mois plus tard, une revue anglaise A Journal on Natural Philosoophy, édité par W. Nicholson, publie une lettre avec le descriptif détaillé du dispositif, graphiques à l'appui (70) Il n'est pas impossible que Garnerin soit à l'origine de la divulgation du secret dans la réputée revue de Nicholson et il visait peut-être tout autant Charles que Robertson, avec qui il était en situation de concurrence dans le domaine de l'aéronautique (71).

(58) ROUY, R. article cité

(59) BOILLOT, art.cit.

(60) ROUY H., cité in SOULEYROL, p.155

(61) DERODE V., Histoire de Lille et de la Flandre Wallonne, vol.IV, J. Hébrard et cie., 1877, p.200

(62) BOUTEILLER J.E., op.cit.  pp.31-32

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Jules Edouard BOUTEILLER, Histoire complète et méthodique des théâtres de Rouen, Giroux et Renaux, Rouen, 1863, p32

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(63) Voir le chapitre suivant "The Invisible Girl - La Feemme invisible en Angleterre"

 

(64) Le Courrier des spectacles 20 décembre 1804 ; Gazette de France, 21 novembre 1805 ; PICQUET, C., Table alphabétique, en forme d'itinéraire, des rues, ruelles, culs-de-sac, passages, places, etc. etc. qui se trouvent dans le Plan routier de la ville de Paris et de ses faubourg,  Chez l'auteur, Paris, 1805

(65)  Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres 6 février 1806

(66) "Spectacle uranographique", Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres, 28 février 1806

(67) Le Publiciste, 17 mars 1806​ ,  Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres, 23 mars 1806

​(68) Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres 21 mars 1806

(69) Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres 21 septembre 1806

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L'aéronaute André-Jacques Garnerin

(70) "The Invisible Lady", Letter, 1807,  NICHOLSON W (ed.), A Journal of Natural Philosophy, Chemistry and the Arts vol. XVI, 1807 pp. 69-71 ; "Letter from a Correspondent. On the Exhibition of the Invisible Girl.", ibid;,  pp.119-120. Planche entre les pages 81 et 82.  (Traduction en allemand et planches in Annalen der Physik. Bd.28 (1808), pp.247-251. 

(71) Dans ses Mémoires, Roberston parle de Garnerin avec mépris et évoque "un certain désir de rivalité peu louable" à son égard (Vol.II, p.46-47). Françoise Levie, op.cit., pp. 163-164 décrit la rivalité des deux aéronautes et signale que Garnerin, dans ses Détails des trois premiers voyages aériens que M. Garnerin a fait en Russie, chez Luby, Gary et Popov, Moscou, s.d. (1804) dévoile le secret de la Femme invisible et traite Roberson de charlatan. L'ouvrage fut traduit en allemand : Beschreibung der drei ersten Luftreisen die in Russland im Jahr 1803 vom Herrn Garnerin angestellt sind: nach dem französischen mit einer Vorrede und Anmerkungen, Drechsler, St Petersburg,1804

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"The Invisible Lady"; Planche dans Journal of Natural Philosophy, Chemistry and the Arts vol. XVI, 1807

L'approche scientifique de Garnerin - et la trahison du mystère -  a déplu à M. Charles qui lance une polémique et l'accuse de plagiat (72), ce à quoi l'aéronaute répond vertement (73). L'approche rationnelle finit par l'emporter et, quelques mois plus tard, le rédacteur du Courrier des spectacles, rendant compte du spectacle de magie d'un M. Olivier, explique que le Père Athanasius Kircher et son disciple le Père Schott avaient déjà leur fille invisible (74). Les séances du Spectacle uranographique de M. Charles continuent jusqu'au 2 avril 1807, Le 29 décembre 1806, Charles a pu se flatter  de la présence de l'Abbé Sicard et de l'astronome Lalande, dont les portraits sont proposés en "illusions opticographiques" (75).

Déçu par les attaques du monde scientifique et probablement le manque de succès de son spectacle, Charles part s'établir à Lyon, puis à Genève. On le retrouve Milan en 1808 pour y commercialiser La Femme invisible, son spectacle d'uranographie et des expériences de pyrotechnie (76).  

 

Après un séjour en Russie, il ne reviendra en France qu'à la Restauration pour y relancer ses ateliers d'astronomie, toujours empreints de discours délirants. L'ancien révolutionnaire, qui fut si fier du soutien des Consuls, est à présent devenu monarchiste. Il dédie ses publications d'astronomie au roi Louis XVIII. En 1839, il trouvera opportun de dédier La Périnade, un poème historique (et toujours oraculaire) à Louis-Philippe, Roi des Français, dans lequel il évoque son invention de l'uranorama mais pas la femme invisible. Sa bigamie étant révélée en 1845, il est pris d'un accès de folie et termine ses jours à la maison de santé pour aliénés de Mme Reboul Richebraque le 20 octobre 1848, quelques jours avant l'adoption de la Constitution de la IIème République (77).

Depuis les conférences de Garnerin, la femme et la fille invisibles ont disparu pendant quelques années des agendas parisiens. Selon une information publiée en 1900 dans La vie parisienne à travers le XIXe siècle, un imprésario aurait envisagé en 1809 de reprendre le spectacle de la femme invisible dans un théâtre des grands boulevards.  La police aurait fait fermer le théâtre, au prétexte que le spectacle était interprété comme une moquerie sur le second mariage de l' Empereur (78).

Robertson, qui a passé dix ans en Russie et en Suède revient à Paris en 1814. Après des voyages en ballons, il annonce en août la reprise de ses spectacles d'optique, à, l'ancienne Ferme à Tabac du Boulevard Montmartre, rebaptisée Tivoli, face aux Panoramas (79). Sous le nom de Spectacle instructif de Robertson on y présente des expériences d'optique et de mécanique, des fantasmagories et on peut y entendre le phonorganon ou machine parlante ainsi que la trompette mécanique qui accompagne son orchestre (80). La fille invisible figure-t-elle dans le programme de ces activités ? Rien n'est moins sûr. Elle n'est mentionnée de nouveau dans la presse qu'à partir du 7 avril 1815, soit près de trois semaines après le retour de Napoléon à Paris (81). Elle est encore citée le 29 janvier 1816, mais le Journal des débats trouve qu'elle est désormais beaucoup moins intéressante que l"instrument parleur de sons articulés, tout à fait semblable à la voix d'un enfant qui parle" (82). 

On voit réapparaître une dernière fois La fille invisible au Nouveau Tivoli, que Robertson relance rue de Clichy, à l'occasion de deux fêtes le août 1826 et le 24 septembre 1826 (83).

La Femme invisible change de statut

Les savants étant à présent informés du dispositif, la femme invisible quitte le domaine du spectacle pour rejoindre celui de la science. Dès 1809, le vulgarisateur Jacques Grasset de Saint-Sauveur, faisant l'éloge de la physique, cite la femme invisible comme exemple du "merveilleux dont les charlatans entourent leurs opérations." (84)

L’aliéniste Etienne Esquirol relève deux cas de folie liés à la fantasmagorie et au spectacle de la Femme invisible (85). 

En 1817, Eusèbe Baconnière de Salverte, ancien conspirateur royaliste devenu sous la Restauration historien et homme politique libéral, publie un Essai sur la magie, les prodiges et les miracles, revu en 1827, qui inscrit La femme invisible dans la tradition des têtes parlantes, androïdes et pratique oraculaires abusant de la crédulité du public : "Il est donc plus simple de regarder, comme des effets de l'art, ces voix dont l'origine n'était pas aperçue ; et d'attribuer le prodige à l'invention des androïdes l'invention qui, de nos jours encore, bien que décrite dans des livres très-répandus , n'en a pas moins, sous le nom de Femme invisible excité l'admiration du vulgaire et celle de gens qui ne croyaient point  faire partie du vulgaire." (86).  En 1822, l'Encyclopédie méthodique (dont la page de titre se revendique de savants décédés, Monge, Cassini, Bertholon,...) cite la femme invisible parmi les exemples de physique amusante. (87).

(72) ROUY, C., "Au rédacteur", Le Courrier des spectacles, 5 décembre 1806, p. 5

 

(73) GARNERIN, "Au rédacteur", Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres, 11 décembre 1806

​(74) Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres 22 janvier 1807

(75) Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres, 1 janvier 1807

(76) Voir le chapitre "La Femme invisible en Allemagne, en Russie et en Italie". Sur Rouy à Milan, voir, Elisa BACINI,  "From Revolutionary Magician to Government-Funded Inventor. The Milanese Life of a Self-Proclaimed Astronomer", in G. DELOGU et al. (ed.), Governing Consensus The Political Use of Knowledge in Italy, Viella, 2025, pp. 27-39. 

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(77) Sur la vie de Charles Rouy après son retour d'Italie, on se reportera à l'ouvrage de Laurent Soulayrol.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(78) SIMOND Ch., op.cit;

(79) Journal des débats politiques et littéraires, 16 août 1814

(80) Gazette nationale ou le Moniteur universel, 27 novembre 1814

(81) Journal Général de France 7 avril 1815. 

 

Le peinte Samuel Robert la décrit dans son journal en 1815 (cité par Jean Clair, art.cit.).

(82) Journal des débats politiques et littéraires, 29 janvier 1816. Voir également DUCHAISNE J.B., Souvenirs de jeunesse ou Discours littéraires : suivis de lettres sur les monuments de la capitale, A. Le Clere, Paris, 1832, p.155

(83) Le Figaro, 29 août 1826..24 septembre 1826 ; La Quotidienne, 29 août 1826​

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(84) GRASSET DE SAINT-SAUVEUR, J., Muséum de la jeunesse, ou, Tableaux historiques des sciencesArticle "Physique amusante", Chez Mad. ve. Hoquart, 1809, p.1.

(85) Etienne ESQUIROL, «Folie» in ADELSON, ALARD, ALIBERT et al (dir.)., Dictionnaire des sciences médicales. T. 16, C.L.F. Pancoucke, Paris, 1816, p.117.

(86) SALVERTE E., "Essai sur la magie, les prodiges et les miracles chez les Anciens", L'Esprit des journaux, n.6-7, 1817, p.86 ; SALVERTE E.,, Des sciences occultes, ou Essai sur la magie, les prodiges et les miracles, Sedillot, 1829, p.288​​​​​​​​​​​​​​​

(87) Encyclopedie methodique, ou par ordre de matières / par Une Société de gens de lettres, de savans et d'artistes, Tome 4 Physique, Panckoucke, 1824, p. 303​​​​

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L'uranorama de Charles Rouy figure dans les collections du Musée du Conservatoire national des arts et métiers.

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La femme invisible

dans Alexis CLERC, Physique et chimie populaires, 1881

(96) Article «Magie blanche», Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture, Belin-Mandar, Paris, 1838, p.108.

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(97) Le Figaro, 23 septembre 1832 ; voir également Le Courrier, 19 septembre 1832

(98) LAMARTINE, Histoire de la Restauration, Pagnerre, 1851-52, p.229;

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(99) Encyclopedie methodique, ou par ordre de matières / par Une Société de gens de lettres, de savans et d'artistes, Tome 4 Physique, Panckoucke, 1824 ; Joseph MARCHAND,  Nouvelle notice des tableaux du Muséum de l'Ecole centrale du département de Maine et Loire, Angers, 1827, p.147 ; Amédée GUILLEMIN, Les applications de la physique aux science à l'industrie et aux arts, Hachette, Paris, 1874, p. 99-100 ; Amédée GUILLEMIN, A., Le Monde Physique, Hachette, 1881, p.759 ; "Histoire de la fille invisible",  La Nature, 3 mars 1883, pp.221-222 ;  Johann Samuel TRAUGOTT GEHLER Physikalisches Wörterbuch, Volume 14, E.B. Schwikert, Leipzig, 1886, pp.456-459 ; "Physique amusante. La femme invisible", La Nature, 1er  décembre 1889, pp.15-16.

(100) Anaïs DEMOULIN, Gustave DEMOULIN, Les cinq sens, Hachette, Paris, 1881, p. 115 

 

(101) Rodolphe RADAU,  L'acoustique, ou Les phénomènes du son, Hachette 1867, p.78-79, rééditions 1870, 1880, Université de Lille, 2015, Forgotten Books, 2022;  L’ouvrage a a été traduit en anglais (Wonders in AcousticsCassell, Peter and Galpin, London and New York, 1870, p.62 Charles Scribner's Sons, New York, 1886, 1894, Making of America, Ann Arbor, Mich., 2000), en espagnol La Acústica, ó los Fenomenos del sonido, Biblioteca das maravillas, Hachette, Paris, 1875 et en allemand, Die Lehre vom Schall : gemeinfaßliche Darstellung der Akustik, Oldenburg, München, 1869, 1875, p.62

 

(102) Albert LEVY, Nos vraies conquêtes, Hachette, Paris, 1895, p.94

 

(103) Alexis CLERC, Physique et chimie populaires, Jules Rouff, Paris, 1881, pp.774-775

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"Magie naturelle. La fille invisible", Magasin pittoresque, n.33, 1833, p.264;  (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

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(88) Geoffrey CRAYON (Washington IRVING), Bracebridge hall; or, The humorists, J. Murray, London, 1822 ; Washington IRVING, Les Humoristes, ou le Château de Bracebridge, par Washington IRVING, traduit de l'anglais par Gustave Grandpré, Tome 1, Corbet, Paris, 1826, p. 119  

(89) Journal des théâtres, 20 décembre 1820, 31 décembre 1820

 

(90) Louis-Augustin-François CAUCHOIS-LEMAIRE, Sur la crise actuelle, lettre à S.A.R M,, Ponthieu et Comp. Paris, 1827, p.27

(91) Anne Pierre Jacques DEVISMES DU VALGAY, Nouvelles recherches sur l'origine et la destination des pyramides d'Egypte. Ouvrage dans lequel on s'applique à demontrer que ces merveilles renferment les principes élémentaires des sciences abstraites et occultes, ainsi que ceux des arts utiles à la société, Chez Charles, Paris, 1812, p.67

 

(92) Eusèbe SALVERTE, "Essai sur la magie, les prodiges et les miracles chez les Anciens", L'Esprit des journaux, n.6-7, 1817, p.85 

 

(93) Eusèbe SALVERTE, Des sciences occultes, ou Essai sur la magie, les prodiges et les miracles. Tome 1, Sedillot, Paris, 1828, p.288

 

(94) Eusèbe SALVERTE The occult sciences. The philosophy of magic, prodigies, and apparent miracles, Harpers and Brothers, New York, 1847, tome I, p250.

 

(95) David BREWSTER, Letters on Natural Magic to Sir David Walter Scott, John Murray, London, 1832, pp.161-163 ; David BREWSTER, Nouveau manuel de magie naturelle et amusante, Librairie encyclopédique de Roret, Paris,  pp.1125-127

​Une gravure illustrant le chapitre «Les dupes» de Guillaume le Franc-parleur (1817) d’Etienne de Jouy, liste La femme invisible avec le magnétisme animal, le remède souverain contre la goutte et le Champ de mai 1815, cette cérémonie institutionnelle des Cent-Jours durant  laquelle Napoléon proclama, en présence des députations de tous les collèges électoraux et des corps de l'armée, l'Acte additionnel aux constitutions de l'Empire.

Le souvenir de la femme invisible reste présent dans la mémoire collective et les femmes impliquées dans le parti ultra légitimiste à la fin de la restauration se voient qualifiées de "femmes invisibles".   en septembre 1832, lorsque la Duchesse de Berry, en cavale en Italie, mène une conspiration légitimiste contre la monarchie constitutionnelle de Louis-Philippe, elle est accusée de "jouer le rôle de la femme invisible" (97) Ce type d'allusion se retrouve, en 1851 dans l'Histoire de la Restauration de Lamartine, pour introduire le personnage de Madame de Cayla, intrigante auprès du roi Louis XVIII, le poète écrit "La main d'une femme invisible fait quelque fois mouvoir à l'insu du monde les ressorts d'où vient la perte ou le salut des empires" (98)

En 1831, Robertson publie le premier volume de ses Mémoires, dans lesquelles il dévoile, de manière encore sommaire, le dispositif de sa femme invisible. Mais ce n'est qu'en 1833, grâce à un article du Magasin pittoresque, que le public français aura accès à des explications techniques et à des graphiques dont le public anglais dispose depuis 1807 et le public allemand depuis 1808. Comme déjà à cette époque la rigueur et la précision ne sont pas  les caractéristiques indispensables de la presse française, la construction de l'appareil est attribuée au "physicien Charles"...

Dans les années 1820, la Femme invisible est souvent évoquée sans qu’il soit nécessaire de la présenter. Dans The Humorists, Washington Irving cite The Invisible Girl comme un des sujets de conversation des veillées de Bracebridge Hall, au même titre que Le Juif errant, Le Masque de fer ou La jeune fille au museau de cochon (88). Une séance du théâtre de Louis Comte, dans son théâtre de la rue Grenelle-Saint-Honoré propose La personne invisible dans le ridicule, la Fantasmagorie, etc. (89).   Dans son pamphlet Sur la crise actuelle, lettre à S.A.R M (90), l’écrivain orléaniste Louis-Augustin-François Cauchois-Lemaire raconte qu’un ami, pour lui permettre d’entendre les conversations sans être lui vu, le «conduisit dans un cabinet artistement pratiqué entre les cloisons de plusieurs pièces. C’était une véritable  «tribune aux écoutes». Là, comme la femme invisible;  j'échappais à tous les regards, et rien n'échappait à mes yeux ni à mon oreille


Plusieurs auteurs vont faire référence à la Femme invisible dans des ouvrages qui, d’une certaine manière, clôturent la Querelle des Oracles. L’ancien directeur de l’Académie de musique de Paris, Anne-Pierre Jacques De Vismes rapproche les récits arabes sur les statues parlantes qu’auraient contenues les pyramides d’Egypte avec la Femme invisible et la Tête parlante, «que tout le monde est allé voir à Paris» (91). L’essayiste Eusèbe Salverte, dans son Essai sur la magie (1817) (92) reprend la thèse chère à Charles Rouy sur le fait que les sciences, dans l’Antiquité, étaient réservées aux Temples et que leur usage était avait souvent pour objectif d’abuser le profane. Il n’en reconnaît pas moins le caractère merveilleux et séduisant des inventions d’optique et d’acoustique telles que la fantasmagorie et la Femme invisible. Dans une version ultérieure, il inscrit la Femme invisible dans le processus plus général de la recherche d’androïdes, dont il esquisse l’histoire et fait référence, comme Robertson, à la Magia Naturalis de Giambattista Porta (93). Dans la traduction anglaise de la deuxième édition (94) est ajoutée une référence aux Letters on Natural Magic to Sir David Walter Scott de David Brewster. Cet ouvrage (95) de celui qui sera plus tard connu comme l’inventeur du kaléidoscope et du stéréoscope, s’inscrit dans la même tradition de dénonciation de l’utilisation de la science par le pouvoir mystificateur. Brewster présente la Femme invisible comme un prolongement des têtes parlantes reprend l’analyse détaillée et les planches de l’article du Journal of Natural Philosophy, Chemistry and the Arts de William Nicholson, qui publie le premier article scientifique expliquant le dispositif graphiques à l’appui.

Après avoir été classée dans la « physique amusante » la Femme invisible se trouve dès lors intégrée à l’histoire de la magie blanche ou magie naturelle (96), mais les professionnels des spectacles de prestidigitation des décennies suivantes du XIXème siècle ne semblent plus avoir prêté attention au spectacle de la Femme invisible, dont le dispositif est à présent trop connu et a perdu ses capacités d’émerveillement.

Abandonné par le monde des illusionnistes, le souvenir de la Femme invisible survivra encore quelques temps grâce aux publications de vulgarisation scientifique  abordant des questions d’acoustique (99), mais elle y est parfois confondue avec la poupée parlante (100). Le traité d’acoustique de Rodolphe Radau est le livre qui contribue le plus à intégrer la Femme invisible dans l’histoire des développements de l’acoustique (101).

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