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Gustav WALTER,
"Das elektrische Fernsehen",
Arbeiter Zeitung, 25 Dezember 1909, pp. 15-16

La télévision électrique

 

lI y a près de vingt ans, j'entendais parler d'une invention vraiment remarquable. Un quotidien viennois annonçait alors, en première page, que le problème de la télévision électrique était enfin résolu, son journaliste ayant eu l'occasion de le constater par lui-même. Il décrivait une petite maison isolée à la périphérie de Vienne, dans le jardin ombragé de laquelle il avait aperçu un appareil étrange. Un grand miroir gris, composé d'innombrables petits éléments semblables à des alvéoles d'abeilles, était fixé sous un arbre; un instrument étrange, d'autant plus énigmatique qu'un grand nombre de fils en partaient et se dirigeaient vers une maison voisine. Piqué par la curiosité, il apprit, après des recherches approfondies, que ce mystérieux appareil permettait d'observer tous les lézards vivants, même à grande distance : une sorte de télescope sans lentilles, où l'électricité seule servait d'intermédiaire pour rendre visibles les mouvements et tous les processus dans un appareil installé dans une pièce de la maison. À l'extérieur, cependant, le miroir en nid d'abeille était fabriqué en sélénium, un métal sensible, ce qui permettait de transmettre, sur une plus grande distance, les phénomènes se déroulant devant ce dispositif de réception, sous forme de courants électriques. Les avantages de cette innovation furent salués avec enthousiasme, la solution à un vieux problème encensée, et chacun attendait avec impatience de découvrir la nouvelle invention.

Malheureusement, il n'en fut rien, car la date du 1er avril imprimée en haut de la page révéla qu'il s'agissait d'une plaisanterie, d'une utopie destinée à un avenir lointain. À ce jour, d'innombrables inventions ont visé cet objectif, et de nombreuses idées intéressantes ont été développées pour concevoir des appareils capables de transmettre et de reproduire ce qui est vu. On a tenté de résoudre le problème de diverses manières, presque toujours en utilisant le sélénium, une substance découverte en 1817 par le chimiste Berzelius. À l'époque, personne ne se doutait de la valeur que cette substance prendrait un jour, et qui est encore considérée aujourd'hui comme le seul moyen adéquat de résoudre le problème de la télévision. Que cela ne soit possible que par voie électrique était évident pour tous les inventeurs qui s'y sont intéressés jusqu'alors. Ils ont tous utilisé cette masse grise et discrète qui, apparentée au phosphore, possède la propriété de conduire l'électricité, d'autant plus qu'elle est peu exposée à la lumière. La lumière augmente la résistance du sélénium au passage du courant électrique, et ce n'est que dans l'obscurité que l'électricité peut pénétrer la masse sans être perturbée. Cette découverte est due à l'Anglais May, qui a permis de construire des systèmes de télévision.

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