La construction d'appareils de télévision mécanique par les amateurs britanniques

Une vitrine du grand magasin Selfridge's proposant le matériel pour construire un récepteur de télévision, Television, April 1928

The Bolton News, 27 February 1928

Publicité Peto-Scott pour des disques de Nipkow, Television, n°1, March 1928

Le public assistant à une démonstration du Simple Televissor au Selfridge's (février-mars 1928 (Television, April 1928)

La communauté des amateurs-constructeurs en Grande-Bretagne, stimulée par les inventions de John Logie Baird
Le rôle des amateurs au Royaume-Uni paraît avoir été plus valorisé à l'époque qu'aux Etats-Unis et peut être perçu, pendant quelques années, comme une communauté active.
A partir de janvier 1926, les succès des démonstrations de télévision par John Logie Baird ont sucité beaucoup d'enthousiasme. En septembre 1927 est formée la Television Society, qui se donne pour objectif de centraliser les information sur la "nouvelle science" et de la partager entre ses membres.
En février 1928, Selfridge’s, le grand magasin londonien où Baird avait fait ses premières démonstrations en mars-avril 1925, a inauguré officiellement, en présence de l'inventeur, un nouveau rayon où les clients pouvaient acheter aussi facilement qu’ils achètent du matériel radio, de quoi assembler un récepteur de télévision. Baird a promis de diffuser des programmes de télévision chaque soir à minuit et a prévenu que les téléviseurs ne recevraient que des silhouettes floues. A cette occasion la Television Society lance le magazine Television, qui se donne notamment comme objectif de promouvoir la construction d'appareils par les amateurs. Cet objectif est affirmé dès le premier numéro dans l'article "How to Make a Simple Televisor".
"Les amateurs ont dû lire les nombreux comptes rendus des démonstrations de télévision qui ont eu lieu ces deux dernières années, mais bien que beaucoup de choses aient été publiées sur ce travail, rien ne semble avoir été fait pour aider l'amateur à effectuer ses recherches chez lui. Cela semble surprenant à première vue, car le rôle très important joué par l'amateur dans le développement de la radio est bien connu et apprécié. La télévision est cependant un sujet beaucoup plus complexe que la radio et exige des connaissances scientifiques qui ne sont généralement pas à la portée de l'homme de la rue. Le sujet a cependant été considérablement développé ces deux dernières années et, au musée de South Kensington, ouvert au public, se trouve un appareil tout à fait simple avec lequel la "télévision des ombres" a été réalisée pour la première fois. Il ne semble pas y avoir de raison valable pour que l'amateur ordinaire ne construise pas lui-même un appareil similaire et ne puisse s'offrir le plaisir sans précédent d'explorer lui-même cette nouvelle branche de la science. Il y a toujours quelque chose d'infiniment fascinant à explorer un domaine complètement nouveau, et nous nous proposons de donner dans cet article des détails de construction qui permettront à l'amateur de construire lui-même une machine simple qui montrera la transmission des contours sous une forme rudimentaire.
L'article s'étend sur les trois premiers numéros de la revue et décrit comment construire un appareil de réception qui correspond au premier modèle du Televisor de John Logie Baird. En octobre, un rapport du Comité de la Television Society confirme le rôle des amateurs : "Notre Société doit organiser des démonstrations pratiques et des conférences explicatives simples pour «populariser» la télévision. Je déteste le mot «populariser», mais il exprime exactement ce que je veux dire. Donnons à l’amateur la direction qu’il désire pour le mettre sur la voie de l’expérimentation et du progrès. Car sans progrès, aucune organisation comme la nôtre ne peut espérer exister."
Cependant, comme l'écrit le correspondant à New York du magazine Televison dans le numéro de décembre, après avoir constaté les développements rapides de l'offre aux Etats-Unis comparés à celle de la Grande-Bretagne : "L'amateur britannique d'aujourd'hui est sérieusement handicapé par le fait que sa station de télévision la plus proche se trouve à 3 500 miles.". Il note aussi que les récepteurs aux Etats-Unis sont semblables à ceux de Baird, mais sont commercialisés sans système de synchronisation, ce qui permet un prix équivalent à 7£. "L'appareil vaut ce qu'il vaut mais cette valeur, pour l'amlateur américain, est aussi cruciale que l'était le récepteur à cristal pour l'amateur de T.S.F."
En avril 1929, le nombre de téléviseurs vendus est estimé à 4000. (Coventry Evening Telegraph - Wednesday 17 April 1929).
De juin 1929 à avril 1930, Television publie une série en douze articles de A.A. Waters, "The Construction of Experimental Television Apparatus" dont l'auteur et sont collaborateur R.G. Wilson ont fait la démonstration le 7 mai lors de la réunion de la Television Society.
Le premier numéro de Television, édité par la Television Society, March 1928

"How to Make a Simple Televisor", Television, March 1928,

"How to Make a Simple Televisor", Television, April 1928,

Exemple d'une image reçue par un amateur (Television, May 1930)

Photo d'écran prise par un amateur (Television, May 1932)

Le Televisor Baird dans sa version commerciale (1930). L'exemplaire de la Cinémathèque française.

Publicité pour le Televisor Baird (Television, June 1930)

Un amateur assemblant le Televisor reçu en kit.
(Television, June 1930)

M. Driver et le récepteur qu'il a construit (Television, June 1930)

L'exemplaire construit par les frères Holmes
(Television, April 1930=§

M. Weber, de Bristol, faisant la démonstration de l'appareil qu'il a construit. Television, (October 1930)

M. Mourat faisant une démonstration du récepteur qu'il a construit (Television, January 1931)
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L'éloge des amateurs
Television incite les amateurs à rendre compte de leurs expériences. Dans le courriers des lecteurs, il arrive que des amateurs non seulement décrivent leur appareil mais avancent aussi leurs propres propositions techniques (par ex., March 1930, pp.49-50). Dans le numéro d'avril, un article rend compte de l'expérience des deux frères jumaux Holmes, qui n'ont pas vingt ans, mais sont arrivés à construire un récepteur de leur propre conception, avec peu de moyens.
Dans le même numéro Stanley A. Moseley, futur présentateur et directeur des programmes de télévision de la BBC, écrit "La télévision est donc en pleine effervescence. Je m'attends désormais à une armée d'amateurs coopérant avec M. Baird.". Le magazine publie également le témoignage d'un correspondant allemand adressé à la Baird Intrenational Television Ltd sur l'expérience d'un amateur en Allemagne.
Et, toujours dans le même numéro, le rapport du président de la Television Society, qui n'est autre que le grand physicien Sir Ambrose Fleming, alors âgé de quatre-vingt et un an, se termine par un vibrant hommage aux amateurs.
"Lorsque nous examinons l’histoire des inventions en matière de télégraphie et de téléphonie sans fil, nous constatons que la part de ces inventions est en grande partie due aux travaux des amateurs, et en très petite partie aux fonctionnaires du gouvernement, qui jouissaient d’une grande faveur. Marconi lui-même était un amateur et a réalisé ses premières expériences avec les appareils les plus rudimentaires, mais il avait des idées. Lorsque le gouvernement a placé la télégraphie sans fil sous son contrôle par la loi sur la télégraphie sans fil en 1904, il a laissé aux amateurs peu ou pas de droit de se mêler de la création des ondes électriques, sauf dans un petit coin de l’éther considéré comme peu utile. Mais les amateurs qui avaient des idées ont beaucoup contribué à découvrir l’extrême importance et la valeur des ondes courtes pour la transmission sur de longues distances. C’est un amateur qui a découvert le premier détecteur à cristal, et d’autres ont ajouté à leur nombre. C’est un amateur qui a inventé le téléphone parlant, à savoir Alexander Graham Bell, qui était à une époque étudiant de collège ; et c’est un amateur, John Logie Baird, qui nous a donné la première télévision pratique. Cette société est composée principalement d'amateurs qui enquêtent et inventent par amour et par excitation. Les historiens militaires parlent de certaines batailles comme de «batailles de soldats », parce qu'elles n'ont pas été remportées principalement par la stratégie de l'état-major ou des commandants en chef, mais par la persévérance et le courage du soldat inconnu. Il y a donc des victoires et des conquêtes inventives qui attendent d'être remportées, et qui peuvent être remportées, non par un haut fonctionnaire du gouvernement, mais par un amateur inconnu mais capable."
La situation évolue à partir du moment où la BBC adopte le système Baird (la première émission a lieu le 13 septembre 1929) et que la Baird Company commerciale le fameux Televisor (Avril 1930), qu'il était possible d'acheter soit construit, soit en kit. Pour vingt-cinq guinées, l’équivalent de cinquante billets pour les meilleures places de théâtre, taxes comprises, le public pouvait acheter un récepteur de télévision. Un amateur pouvait fabriquer le sien à partir d’un kit de bricolage de seize guinées, pour fonctionner en conjonction avec un poste de radio.(A. Kamm & M. Baird, 2002, p.139).
A l'automne 1929 parait la seconde édition du livre de E.T. Larner, Practical Television, avec une préface de John Logie Baird. L'édition est augmentée d'un nouveau chapitre "Construction of receiver", qui affirme que "les expériences et la recherche ont rendu possible la construction d'appareils très simples (...). L'extrême simplicité de la conception permettra à n'importe qui disposant d'aptitudes moyenne de le construire."
Témoignant de l'essor de la pratique des constructeurs amateurs, la revue Television publie en mai 1930 plusieurs Letters to the Editor dans son numéro de mai 1930. En juin, elles sont devenues si nombreuses que la rédaction renonce à les publier toutes. En février 1931, elle instaure la chronique "The Enthusiast See It Through" exclusivement consacrée aux rapports des amateurs.
En novembre 1930, Television signale l'hommage rendu par le Professeur E.V. Appleton à un amateur de Bristol, M. Weber, dont les observations sur les "fantômes" dans les images captées lui ont permis de préciser sa théorie de l'écho.
En 1933, Television a institué le Constructors' Circle, qui permet les échanges entre constructeurs. En août 1934, le nombre des membres du Circle est estimé à un millier de personnes.
Les kits
Plusieurs entreprises, à partir de 1931, commercialisent des kits. Television (August 1932) explique ainsi le succès des kits : "La popularité des kits reste intacte, et la raison en est très simple. Le constructeur amateur éprouve un réel plaisir à assembler les pièces qui composent un récepteur. Il trouve cela instructif en ce qui concerne la technique de base de la radio. Il apprend à connaître exactement ce que contient son ensemble, quelle relation chaque composant entretient avec les autres, et en cas de panne à tout moment dans le futur, il se sent capable de vérifier son ensemble pour effectuer les ajustements ou les remplacements nécessaires sans craindre de causer des dommages irréparables."
En avril 1934, le quotidien Daily Express, en collaboration avec le constructeur Mervyn, lance son propre kit. Celui-ci rencontre un succès commercial, mais ne semble pas donner d'excellent résultats et Television publie dans son numéro de mai un article expliquant comment pallier aux faiblesses de l'appareil.
Il n'existe pas de données précises sur les ventes de téléviseurs. Pour 1933-1934, les estimations variaient de 10 à 13000 (Sagall,Television, January 1934) à 15 à 20 000 (Benn, Television, May1933).
Les horaires de programmation de la BBC ont visiblement mécontenté les amateurs. Coimme l'écrit Television dans son numéro d'avril 1931, "Actuellement, la télévision est diffusée en Angleterre de 11 heures du matin à 13 heures du matin, en semaine, et de minuit à minuit et demi les mardis et vendredis. Ces horaires ne sont pas très encourageants pour les amateurs, mais on s'attend à ce que les stations étrangères et le nouvel émetteur à ondes courtes de Baird fournissent bientôt un service bien meilleur."
La stratégie suivie par Baird ne satisfait cependant pas tout le monde. Outre les critiques sur la qualité insuffisante et la nécessité de passer à la télévision électronique (thèse dont A. Campbell Swinton est le principal théoricien en Grande-Bretagne), des critiques se manifestent sur l'absurdité qui consiste à tabler sur la construction par des amateurs, alors que cette constriction est malgré tout assez difficile. Cette critique est formulée par le Capitaine E.H. Richardon, dans un article publié par Television en août 1930.
Appareils à roue de miroirs
Le 2 janvier 1931, la Baird Company fait sa première démonstration d'une transmission avec roue de miroirs de 30 lignes, sur trois canaux. Certains amateurs embrayent le pas. Ainsi, M. Hewel, amateur à Berlin, construit des roues à miroirs en utilisant comme support des disques pour gramophone.
La commercialisation en 1932 d'un nouveau Televisor Baird avec roue à miroirs suscite l'inquiétude du chroniqueur de Television Barton Chapple, qui reconnaît que l'analyse est de meilleure qualité et qu'il est normal qu'une entreprise spécialisée souhaite fournir la meilleure qualité, mais indique que la complexité du dispositif est telle qu'elle risque de dépasser le niveau de compétence des amateurs. Il fournit cependant un article détaillé sur la manière de construire un récepteur de ce type (Octobre 1932).
Une publicité pour un kit Mervyn avec roue à miroir apparaît dans Television en février 1933. La Baird Television va commercialiser son propre kit fin 1933. Le numéro de février 1934 de Television en fait une description détaillée, très favorable : "Disons d'abord que le kit Baird est une très belle production mécanique et que la conception montre une quantité étonnante de réflexion ; il est difficile, en fait, de voir que l'efficacité optique, électrique et mécanique pourrait être améliorée. Le tambour à miroir, par exemple, est une pièce moulée en aluminium avec les lits de miroir usinés aux angles corrects ; aucun réglage n'est donc prévu et aucun n'est nécessaire, sauf en cas de véritable abus, le tambour et les miroirs ne peuvent pas être modifiés"
En janvier 1934 est annoncé un kit de récepteur avec vis à miroirs, un système inventé par l'américain D.B. Gardner.
L'annonce par la BBC en janvier 1934 qu'elle va mettre fin au 31 mars à la diffusion de programmes en 30 lignes pour passer à la diffusion "haute définition" (c'est à dire avec le système EMI-Marconi) va susciter la réprobabtion des constructeurs industriels (Baird, Scophony) et provoquer des manifestations d'inquiétude parmi les amateurs. (Voir par exemple la lettre de Hugh J. Miller dans le numéro d'avril 1934 de Television.). En juin, Television publie les réponses à un questionnaire auprès de ses lecteurs. La première question porte sur la réduction des émissions par la BBC.
"Pensez-vous que la récente réduction des émissions va entraver les progrès de la télévision ? Quatre-vingt-dix-huit pour cent des réponses à cette question sont définitivement affirmatives et un grand nombre d'entre elles sont très nuancées, en particulier en ce qui concerne les expérimentateurs amateurs. La plupart de ceux qui ont répondu par la négative ont également ajouté une clause de réserve, indiquant dans certains cas que des travaux expérimentaux seront possibles grâce à des émissions amateurs."
Stations émettrices d'amateurs
Certains amateurs ne se contentent pas de construire des appareils récepteurs, mais se lancent également dans la construction de postes émetteurs. En mars 1931, le Post Office a modifié la réglementation sur les bandes de fréquence et a autorisé les émetteurs amateurs de 1,78,5 kilocycles par seconde (soit 168,6 mètres), utilisables le premier mardi de mars, juin, septembre et décembre, à partir de 21 heures, G.M.T.
En mars 1934, Television présente un émetteur (avec disque de Nipkow) en "hook-up" pour les amateurs : "La possession d'un émetteur permettra aux amateurs d'expérimenter indépendamment des émissions de la BBC et à des moments plus opportuns. L'appareil qui va être décrit est plus ou moins sous forme de branchement et est destiné à indiquer ce qui est nécessaire pour une transmission simple et il peut être laissé à l'ingéniosité de l'expérimentateur pour l'assembler sous une forme plus compacte si cela est souhaité. D'excellents résultats ont été obtenus avec cet appareil, les images étant facilement reconnaissables."
En juillet 1934, Television rend compte d'une expérience d'émission par des amateurs dans le Lancashire avec un appareil à roue de miroirs. En août 1934, elle présente un émetteur expérimental pour amateurs.
L'éditorial est consacré à cette perspective, dont les conditions légales et pratiques sont cependant considérées avec prudence. "Il est évident que pour réaliser des émissions d'amateurs, même à petite échelle, il faudrait la coopération d'un certain nombre de personnes, à la fois en raison du coût et du travail que cela impliquerait. De plus, il ne serait possible de couvrir que des zones relativement petites. La première mesure prise par les deux amateurs dont nous avons déjà parlé a été de former une société d'amateurs et cela, nous le suggérons, serait un excellent exemple à suivre dans divers districts. Même en dehors de la question de la transmission amateur, le temps est maintenant tout à fait mûr pour la formation de clubs et de sociétés sur le même modèle que ceux qui ont connu tant de succès aux premiers jours de la radiodiffusion. Cette suggestion devrait intéresser les membres du Cercle des constructeurs, et nous serions heureux d'entendre les amateurs désireux de participer. La première nécessité semble être la coopération de quelqu'un qui possède ou est en mesure d'obtenir une licence de transmission. Pour commencer, des "images fixes" pourraient être transmises car l'appareil requis pour cela serait d'un caractère très simple. Lorsque l'expérience sera acquise, des transmissions d'un caractère plus ambitieux pourront être entreprises."
Le Post Office Master répond rapidement à cette proposition, par un décret qui limite la diffusion des émissions d'amateur à de simples tests et interdit tout programme de divertissement et toute diffusion de film de plus de deux minutes.
En France, le 1er septembre 1935, le magazine L'Antenne publie un article de E. Tirmarche (Louvain, Belgique) "L'émission d'amateur en télévision est-elle d'ores et déjà possible", avec des explications trchniques empruntées au modèle anglais.
Le duel entre la télévision basse définition et la télévision haute définition et le déclin du mouvement des amateurs-constructeurs
La concurrence Baird et EMI-Marconi conduit à la mise en place en mai 1934 d'un Comité qui, sous la houlette du Post Office Master, doit examiner l'avenir de la télévision. L'éditorial du numéro de septembre 1934 de Television est titré "How the Amateur Can Help", mais le texte, en fait, témoigne du désarroi qui a saisi la communauté des amateurs face à l'incertitude créée par le débat entre télévision mécanique et télévision électronique. Si la BBC a accepté de maintenir pendant quelques mois un programmation en 30 lignes, il est de plus en plus évident que le modèle de la télévision électronique poussé par EMI-Marconi va l'emporter. Le rapport du "Selsdon Committee", publié le 31 janvier 1935, tout en reconnaissant le rôle d'iniateur qu'avait joué la télévision en basse définition, indiquait que celle-ci n'avait pas d'avenir et proposait le lancement d'un service national en haute définition (240 lignes). Le service en basse définition pourrait continuer au bénéfice des "pioneer lookers" jusqu'au lancement du service national.
Dans le numéro d'octobre de Television est publié un message de John Logie Baird à l'amateur. Sous son côté un peu rhétorique, ce texte est probablement une réponse de l'inventeur à l'inquiétude ou à l'amertule qu'il perçoit dans la communauté des amateurs-constructeurs. Le texte est au futur, mais la dernière phrase, concernant le rôle de l'amateur, au singulier, comme un ideal-type, est au passé.
Des disques de gramophones utilisés comme support par M. Hewel pour construire des roues à miroirs, (Television, April 1931).

Publicité pour le Baird "Junior" Kit, Television, April 1931

Publicité pour le Daily Express Television Kit (Television; May 1934)

L'assemblage du kit Baird avec roue à miroirs est très simple et requiert peu d'outils (Television, February 1934)

Un appareil Mervyn (Collection Bruno Ruiz). Pour plus de détails sur cet appareil, voir sur ce site la page sur Baird et la roue à miroirs.

Publicité Mervyn pour roue à miroirs et kit avec roue à miroir (Television, February 1933)
"(...) Bien que de grands progrès soient attendus dans l'avenir, la télévision n'en est pas moins une réalité du présent qui procurera des heures de frisson et de plaisir. De nombreuses expériences peuvent être menées pour améliorer les appareils domestiques, même lorsque les images ne sont pas disponibles, aussi ne vous laissez pas décourager par la rareté du temps de programme. I., La situation de la télévision aujourd'hui est celle qui absorbe un intérêt intense pour l'amateur. Des progrès et des améliorations sont continuellement réalisés et des appareils pour les travaux expérimentaux peuvent être obtenus de nombreuses sources. L'amateur a joué un grand rôle dans le développement de la radio et, sans aucun doute, dans le développement de la télévision, sa position est tout aussi importante."
De manière significative, en janvier 1935, le magazine Television change de nom et devient Television and Short Waves. L'intérêt des amateurs va être réorienté vers la radio en ondes courtes. Quelques articles évoquent la possibilité pour les amateurs de monter des appareils avec tube cathodique ou des derniers appareils en 30 lignes (notamment un émetteur de films en continu) , mais il est clair que l'espace que la télévision mécanique avait ouvert pour ceux-ci n'a plus la même ampleur.

Publicité pour les kits Peto-Scott
(Television, November 1930)

"John L. Baird talks to the Amateur", Couverture de Television, October 1934

"Building a Simple Television Transmitter",
Couverture de Television, August 1934

La réception de la télévision anglaise en dehors de Grande-Bretagne
Il existe divers témoignages de réception de la télévision anglaise sur le continent.
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A plusieurs reprises, Television publie des correspondance de l'allemand Horst Hewel, qui reçoit les émissions de Londres depuis mars 1929. Hewel jouera un rôle dans la relance de la télévision allemande après la Seconde guerre mondiale.
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Dans son numéro de mai 1930, Television publie le témoignage d'un amateur tchécoslovaque et une photographie de son poste récepteur. Cet amateur, Prantiek Pilat, installé à Brno, témoigne : "Vers la fin de décembre, nous avons commencé à tester la réception de la télévision de Londres. Ces essais ont été très satisfaisants et on peut affirmer que la télévision de Londres peut être reçue quotidiennement en Tchécoslovaquie."
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Dans le même numéro est publié le témognage de Georges Verdun, d'Anvers et la photographie de son récepteur. En janvier 1931, la revue attribue le prix du meilleur correspondant à George Verdun pour la qualité de ses rapports.
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Toujours dans le même numéro est publiée la photographie d'un appareil construit à Funchal (Madeire)
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Dans le numéro de juin, Television signale deux rapports venus de Hollande : celui M. W. H. de Gorter, de la section néerlandaise de l'Union internationale des radioamateurs, et celui de M. Van Schie, de Rotterdam. M. de Gorter obtient ce qu'il décrit comme des résultats splendides : « J'obtiens des images parfaitement détaillées à chaque fois. » Il signale également des images doubles, « la tête de l'une se trouvant à peu près au niveau des épaules de l'autre. Lorsque l'image originale s'est estompée et est devenue faible, l'autre image est devenue plus forte. Pendant les périodes d'affaiblissement, il est souvent difficile de maintenir le synchronisme. »
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Dans le même numéro, Television publie la photo de M. Mossig, de Vienne avec son récepteur.
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En 1931, un amateur belge, M. Vossaerts reçoit les émissions de la BBC avec un appareil qu'il a construit lui-même. Son témoignage sera recueilli en 1964 dans une émission de la RTB (voir vidéo ci-dessus).
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Dans son numéro d'octobre 1932, Television publie la lettre d'un amateur parisien, M. Aeschen, ainsi que la photo et le schéma de son appareil. Il mentionne comment les amateurs français de télévision ont accueilli avec enthousiasme les nouvelles émissions de la BBC et envoie un schéma théorique du récepteur sans fil qu'il a employé et deux photographies de son appareil actuel "Depuis le 22 août, les amateurs français de télévision ont accueilli avec enthousiasme les émissions anglaises sur le 261 m. La qualité de ces émissions a été très supérieure à celles de l'année précédente et les programmes sont très variés. Certains soirs, c'est comme au cinéma, notamment l'émission du 24 août qui a été reçue dans les conditions les plus favorables. (...)" R. Aschen est le co-auteur avec Eugène Aisberg du livre Théorie et pratique de la télévison, qui paraitra l'année suivante et qui est le, premier livre en français à proposer les instructions de construction de divers modèles de récepteurs.
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Dans son numéro de juin 1934 Television publie la lettre d'un amateur de Mellila (Maroc espagnol) qui déclare suivre les programmes de la BBC.
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Un commentaire posté sur Youtube en dessous d'une l'émission de la BBC consacrée à la réalisation des premières dratamatiques de la diffusées dans les années 30 avec le système Bqird constitue un autre témoignage de la réception des émissions de Londres en France : "My grandpa watched these shows in the south of France in 1933 on a home made Baird's system television set I still own today. Radio amateurs like him used to build their gear in those days, and all those TV experiments were known and followed world wide by geeks of that time. I'm still amazed the transmition was working all the way from Crystal Palace to Lyon (my grandpa had put 4 huge antenas on the roof of our house)."
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Le 6 février 1940, Le Petit Parisien signale que deux jeunes chercheurs poitevins, Daniel Bodroux, chef de travaux pratiques à la Facululté des Sciences, et Rivault, assitant de physique, avaient reçu des images transmises par la Maison de la Radio, à Londres. Le journal regrette que l'on ne leut ait accordé que 2000 francs de crédits là où il en aurait fallu une centaine.
Un exemple de station émetrice construite par un amateur (Television, May 1930)

Television News, March-April 1932

Portsmouth Evening News, 2 June 1954

The People, 4 July 1954

Récepteur construit à Bron (Tchécoslovaquie) pour capter la BBC (Television, May 1930)

Récepteur construit à Funchal (Ile de Madère) par M. Wraight (Television, May 1930)

Récepteur construit à Anvers (Belgique) par M. Verdun (Television, May 1930)

M. Mossig (Vienen, Autriche) et le récepteur qu'il a construit

L'appareil de M. Hewel (Allemagne) (Television, September 1930).
Le physicien Sir Ambrose Fleming, Président de la Television Society (Television, June 1928)


Les éléments de base d'un kit de stationn émetrice d'amateur (Television, March 1934)

Publicité pour le kit Mervyn avec roue à miroirs, Television, December 1933
